Le mot Université vient du latin universitas qui désigne l’universalité du savoir. Au moyen-âge, le terme « université » est utilisé pour qualifier la communauté du corps enseignant ayant pour objectif d’enseigner la théologie, le droit, les arts et les sciences. La plus ancienne université d’Europe est née à Bologne au cours du XIe siècle. Les études universitaires permettent d’approfondir et d’acquérir de nouvelles connaissances et de développer une méthodologie dans une ou plusieurs disciplines. Elles sont dispensées lors de cours magistraux et de travaux dirigés dans des établissements relevant de l’enseignement supérieur. Cet enseignement est organisé différemment selon les institutions académiques et selon les pays.
Les chercheurs interviewés ont des parcours différents en ce qui concerne les études supérieures. La plupart ont dû, au cours de leurs études et notamment lors de travaux de recherche, se former à l’iconographie. Cependant nous verrons que peu d’entre eux y ont reçu un enseignement de cette discipline et que, par conséquent, la perception qu’ils en ont varie fortement dans la mesure où, à l’université, il n’y a pas de véritable formation sur l’image.
Les parcours universitaires varient notamment selon les pays. Le parcours qui revient le plus fréquemment parmi les chercheurs interviewés des quatre pays représentés (France, Italie, Grande-Bretagne, Allemagne) est un parcours de lettres classiques (latin et grec). Du côté des chercheurs français on retrouve une diversité de formation : en lettres, en histoire de l'art ou histoire, en archéologie. Les Italiens se spécialisent en lettres et archéologie et les Anglo-saxons en lettres et histoire de l'art.
Luca Cerchiai
« Ho una formazione di archeologo classico, senza una preparazione specifica sull’iconografia. » 1.1.1
Martine Denoyelle April 2010
« J'ai une licence de lettres classiques, obtenue en partie par équivalence avec les classes de khâgne que j'ai faites à Henri IV. Et puis ensuite un parcours fait entièrement à l'Ecole du Louvre, quatre années d'École du Louvre. Avec une spécialisation à l'intérieur de l'Ecole du Louvre en cours organique de Sculpture grecque. » 1.1.1.
François Lissarrague November 2002
« J'ai fait une khâgne à Henri IV, mais n’ai réussi aucun des concours. J'ai fait une licence de lettres classiques, terminée en 1968, et une maîtrise en 1969. Je suis allé voir Ernest Will, qui était un de mes professeurs de grec, très ouvert et qui faisait aussi de l'archéologie. Je suis allé le voir pour faire une maîtrise sur les images grecques et la mythologie et il m'a envoyé à Devambez, qui était alors le conservateur des Antiquités au Louvre, et à Demargne. Au moment de la soutenance de ma maîtrise, ils m'ont dit : "revenez quand vous aurez l'agrégation", que je n'ai pas eue. J'ai passé le CAPES, et […] ai été professeur de lycée et collège pendant 9 ans en tout. Mais pendant ce temps, j'ai rencontré Vidal-Naquet, qui […] m'a dirigé en thèse à l'Ecole (EHESS) à partir de 1975, et renvoyé à Alain Schnapp pour une bourse pour l’Angleterre, à Oxford. […] J’ai soutenu ma thèse, de troisième cycle, en 1983 ; j'avais 35 ans, ce qui est tard dans une carrière universitaire. » 1.1.1.
Je suis agrégée de Lettres, donc j’ai une formation littéraire à la Sorbonne tout simplement. Après en tant qu’agrégée, je suis allée enseigner dans un lycée et j’ai commencé au bout de quelques années, après avoir fait mes enfants à rejoindre Vernant et l’équipe. Et j’ai fait d’abord un troisième cycle, le Dédale et ce n’est que plus tard, quand je suis entrée dans le supérieur, c’est-à-dire quand Vernant m’a trouvé un poste au Collège de France que j’ai entrepris ma thèse d’Etat sur Prosopon (valeurs grecques du masque et du visage). » 1.1.1.
Pascale Linant de Bellefonds February 2010
« Mon parcours universitaire est simple. J’ai fait mes études supérieures ici à Nanterre. J'ai d'abord fait une licence d’Histoire de l'Art, et au moment de décider de faire une maîtrise, je me suis dit que ce serait bien, étant donné l’incertitude de l’avenir, de faire en même temps une licence en histoire. J’ai fait en même temps une maîtrise en deux ans avec Lilly Kahil et parallèlement une licence d’Histoire Ancienne à Paris X. Il se trouve que Lilly Kahil a obtenu la création d'une équipe du CNRS au moment où j'ai terminé ma maîtrise. Elle me propose alors de faire partie du premier noyau d’étudiants avec qui elle souhaite travailler, j’accepte, tout en débutant un doctorat sous sa direction. » 1.1.1.
« J'ai démarré chez les Jésuites qui aimaient bien les images ! Ensuite, Louis le Grand, Normale, agrégation de lettres classiques, École de Rome. » 1.1.1.
« Comme beaucoup de gens qui travaillent dans l’antiquité, j’ai un cursus littéraire, de lettres classiques, avec l’agrégation et l’ENS en lettres. C’est un cursus que j’ai pensé pendant très longtemps devoir être un cursus de littérature, voire même de linguistique avec ses aspects les plus textuels. » 1.1.1.
« Comme beaucoup de normaliens, on m’a dit d’aller à Rome et qui dit aller à Rome, dit se former dans ce domaine. Le professeur de grec et latin, en hypokhâgne à Bordeaux était remarquable. J’ai eu de meilleurs professeurs en classes préparatoires qu’à la faculté. C’était quelqu’un qui avait commencé à travailler avec J. Bayet, qui en son temps s’était intéressé aux apports de la sociologie. Il nous a fait lire Vernant, Detienne, Hartog. » 1.1.3.
Marie-Christine Villanueva-Puig January 2011
« J’ai commencé par deux ans de classe préparatoire littéraire à Bordeaux, qui ont été suivies d’un déménagement pour Paris avec le choix des deux disciplines que je souhaitais étudier : les lettres classiques et l’histoire de l’art. Pour les lettres classiques, j’ai passé l’agrégation à la Sorbonne. Pour l’histoire de l’art, ça a été l’Ecole du Louvre, avec comme spécialité l’art antique. J’ai terminé les quatre années dans cette même école et après je me suis dirigée vers une thèse dans une université, parallèlement à l’Ecole du Louvre : un 3ème cycle d’abord à Paris 1 en histoire de l’art et archéologie et après une thèse d’Etat, je pense une des dernières soutenues, en 2000 à Paris 1, dirigée par J. Marcadé*. » 1.1.1.
*Maïnadès : recherches sur la genèse du thiase féminin de Dionysos : des origines à la fin de la période archaïque (du second quart du VIe siècle à 480) : essai d'iconographie religieuse, par Marie-Christine Villanueva-Puig, thèse de doctorat en Art et archéologie, sous la direction de Jean Marcadé, soutenue en 2000 à Paris 1.
Jas Elsner December 2002
« Academically, I went to Cambridge to read Classics. In Part I of Cambridge Classics in those days (the early 80s) you did minor options, in subjects like Classical Art, Philosophy, History and Philology as well as the main literary thing of translating and commenting on texts. [...] I didn’t do any Art History in Part II of the Cambridge Tripos, but Mary (Beard) introduced me to Robin Cormack, her partner and later her husband. I applied to study with Robin at the Courtauld Institute in London for the Master degree in Byzantine Art. But I went first for a year to Harvard where I was fortunate to do some Art History in the Art History department there. I took courses with T. J. Clark, on French Impressionism, and in fact his terrific book on The Painting of Modern Life had just been published. His course was a taught version of the book. And Simon Schama, now very famous, was doing a course on what later became his book on Dutch painting, The Embarrassment of Riches. I also studied with Nora Nercessian, a medievalist who is hardly now remembered and has left the field, but who was very encouraging and gave me some key theoretical texts to look at fromteh german tradition, such as Walter Benjamin and Adorno. I also did some Byzantine history there with Angeliki Laiou and Ihor Sevcenko (who cordially loathed one another). Then I went for a year to the Courtauld to complete my MA, and returned to Cambridge to do a PhD that combined Classics with Art History, under Mary’s supervision. » 1.1.1.
John Boardman December 2002
« I read Classics at Cambridge, followed by work in Greece at the British School of Athens. » 1.1.1
Donna Kurtz August 2003
« I went to the University to Cincinnati and did all of my undergraduate work in two years.[…] in my third undergraduate year I took all graduate courses and graduate seminars, all of them in Classics. Then I won a scholarship to go to Yale to do a Master’s degree and then I won a scholarship from there, a Marshall scholarship to come here. And true to my tradition of liking to get things done quickly I finished my doctorate in seven terms. And then I was ready to leave and get out of here, and I was given various research fellowships. » 1.1.1
John North December 2002
« I was trained at school entirely as a linguist […] At Oxford I read “Greats”, which is literature, philosophy, history, and history in a very language-based sense, and again, I don’t think I received any training or a particular interest in images at all. So I started research with absolutely no training and then went to Rome for a certain time and spent quite a lot of time in museums and looking at things and reading in the library at the British School there, and I suppose that that’s the first time that I started looking at images at all or thinking that they had any great relevance to what I was planning to do, or were something that I would know how to cope with at all. So, up to that stage, I had no training at all and no training at the British School at Rome either. » 1.1.1
Angela Pontrandolfo June 2003
« Ho fatto l'università, lettere, e mi sono laureata però in archeologia perché in Italia è così, poi ho fatto la specializzazione a Roma in archeologia, e poi ho fatto il concorso di professore. » 1.1.1.
Paolo Moreno March 2010
« La mia formazione universitaria è avvenuta in tre luoghi diversi perché ho iniziato a studiare all'università di Bari, facoltà di lettere, e mi sono laureato in archeologia cristiana. Poi, immediatamente dopo ho seguito Ranuccio Bianchi Bandinelli alla Scuola Nazionale di Perfezionamento in Roma, che dura tre anni, però l'ultimo anno, che appunto è la terza fase, ho vinto la borsa di studio per Atene e quindi ho seguito Doro Levi. Ecco, queste tre stutture, diciamo, accademiche di studio sono state i miei luoghi di formazione. » 1.1.1.
Les interviewés révèlent qu’au cours de leurs premiers travaux de recherche, que ce soit pour leur mémoire ou bien leur thèse, ils ont souvent eu recours à l’utilisation des images autant dans une approche philologique qu’archéologique.
« J’ai été assistante de Vernant. J’ai commencé une thèse d’Etat et il m’a donné comme sujet – je voulais travailler sur le masque – il m’a donné comme dossier […] celui des Lénéennes […] avec le masque de Dionysos accroché à un pilier et c’est un dossier pour lequel il n’y avait absolument pas de texte. Il m’a dit « moi je ne comprends pas, essaie de voir ce que c’est ». Et là je me suis plongée dans le dossier, mais avec mes copains. D’abord avec Jean-Louis Durand, c’est le premier article qu’on a fait là-dessus ; je l’ai fait en commun avec lui. La circonstance particulière, c’est un corpus d’images pour lequel il n’y avait pas de textes correspondants. Sinon jusque-là je travaillais seulement avec des textes. » 1.1.2.
« A dire vrai, j'avais démarré - c'est assez précoce, c'est d'ailleurs mieux comme ça - par un mémoire de maîtrise sur l'inspiration politique à Rome, qui m'avait amené à regarder d'assez près la Villa des Papyrus à Herculanum. Ce mémoire avait été dirigé par Alain Michel, qui a été un extraordinaire initiateur à la culture romaine pour de nombreux antiquisants de ma génération. Finalement c'est assez tôt : je n'ai fait que ça ! J'ai démarré avec cette villa des Papyrus et l'interprétation que j'avais donnée plus tard, je crois que je l'avais faite d'emblée. […] Après, j'ai travaillé avec Paul-Marie Duval […] il m'avait donné un sujet de troisième cycle sur les cippes à rinceaux en général. Finalement j'avais retenu uniquement le cas de Nîmes, qui était suffisant, parce qu'il y en avait déjà une forte quantité. Et cela m'a amené du côté de l'ara Pacis. » 1.1.2.
Donna Kurtz August 2003
« I think the reason for my doctorate [is that] I couldn’t decide between Roman painting or white-ground lekythoi. I think the similarity is pretty clear. It was painting on a more or less flashy surface. And what the subject matter was about probably didn’t bother me that much. » 1.1.2.
« J’ai fait ma maîtrise sur l’art poétique d’Horace. Je me suis rendu compte rapidement que ce qui était dit sur la poétique passait souvent par la métaphore des arts plastiques. Pour l’Antiquité, on pouvait difficilement séparer les critères esthétiques appliqués aux textes et aux œuvres d’art. Je ne sais pas si c’est parce que déjà ces questions me travaillaient que j’ai voulu travailler sur l’art poétique d’Horace ou si c’est en travaillant sur l’art poétique d’Horace que je me suis intéressé à l’esthétique ancienne. » 1.1.4
Pascale Linant de Bellefonds February 2010
« Ce qui m'intéresse le plus se sont les phénomènes d'acculturation. Donc très longtemps l'art grec classique ne m'a pas passionnée et très vite j'ai aimé les périodes de transitions, de conflits, d'échanges. C'est pour ça que j'ai beaucoup travaillé au Proche-Orient. J'ai tourné autour de la Grèce et j'ai fait ma thèse au Liban sur des objets importés de Grèce à l'époque romaine. J'aime ces interactions et c'est cela qui m'intéresse. » 1.1.3.
Mary Beard December 2002
« My thesis – not my Ph.D. thesis – was entirely unrelated to images. There’s not a single image in it. » 1.1.2.
Simon Price December 2002
«In the days where I started doing my thesis there was no training for graduate students, we just moved straight from being undergraduates to writing a thesis. So everything else that I have learned about iconography I have learned through talking to people and reading things. […] I suppose that it may have meant that I have been more flexible and open to other people’s ideas but it’s also true I suppose that I don’t have the underlying technical training which would have been nice. […] Well for me when I started doing my thesis it was always obvious that I was going to study the material aspects of the imperial cult. Why it was obvious? – because it wasn’t obvious in my formation, which was purely history – but I knew that’s what I wanted to do. I wanted to talk and think about places and buildings and statues and all that sort of thing. I just knew it. When I went to Cambridge in the third year of my research, I there met Richard Gordon who was certainly very influential, as he has been for all sorts of people, because he’s just so fertile in ideas. At that point he was writing his article for the journal Art History about religious art, and actually I worked with him on a lot of the footnotes for that because he had written the text, and that’s the way to do it, but really didn’t know what to put in the notes, so I told him what to put in the footnotes. Some of it at least. » 1.1.3.
Paul Cartledge December 2002
« My thesis subject was archaeological. One of the great interests in studying Sparta is precisely how distinctive their repertoire of imagery is, it’s very striking. Most obviously the masks and second the clay masks deposited in the sanctuary of Orthia, but also the lead figurines: multiple images, fantastic, including grotesques, as well as beautiful young men, very striking, and of course Gorgoneia, lots of Gorgoneia, in many media. And much later, when in the 80’s Vernant was working on imagery, this became one of the images, the image of the Gorgon, that he used when he was working on Sparta in particular, which is very appropriate. » 1.1.3
Paolo Moreno March 2010
« La tesi era mirata su un argomento filologico, anche di portata iconografica, ma, insomma, era sul concetto di compendiaria, in latino, che è un termine che si trova in Petronio e in Plinio, e io ero per la distinzione precisa del significato di queste parole nei contesti che erano tutti relativi alla pittura […]. Convinto, al termine del lavoro, come lo sono tuttora, che avessero un significato nettamente diverso nei due autori e che quindi è infelice l'idea di parlare di pittura compendiaria come se fosse un termine latino per lo stile.» 1.1.1.
Certains professeurs approchent l’iconographie dans leur enseignement, et chaque enseignant à sa manière propre de former les étudiants. Cela dépend notamment de son domaine de spécialisation. Les chercheurs interviews évoquent ainsi leur expérience d’étudiant mais aussi d’enseignant.
Donna Kurtz August 2003
« They’re (the students) trained in different ways and if you were to interview an Oxford ancient historian, I think you would not find that very many of them put the archaeological evidence very high on their list. Whereas, I think you would not find a Classical archaeologist in this university who would not realize the importance of the text. » 3.2.3
John North December 2002
«I had a post teaching ancient history throughout my time at London University, and I’ve never taught a course which is explicitly on art or iconography or archaeology, though obviously images come into a lot teaching I have done. I only taught religion in any case as such at the very end of my time, the last ten years or so. I introduced a course, and the students who do that do spend a certain amount of time looking at images and in fact they learn to do presentations using slides and so on. But mostly, I’ve used images in the course of lectures on general historical themes, historical topics, but you know, sort of very often lectures on wide periods, where you use just the occasional image in order to change the focus, change the interest, to give something different to talk about. But of course, there’s a problem about that, because if you’re teaching general history you’re going so fast, you’re traveling so fast that to stop and look at a specific thing, you can only really do in precisely defined circumstances, otherwise you just slow the whole thing up. So I wouldn’t say that they’ve been central to that sort of course, but I certainly used images in my sort of way. » 1.1.3.
Irene Bragantini March 2011
« L'ambiente dell'università di Roma era evidentemente un ambiente abbastanza avanzato, […] con i colleghi filosofi, per esempio, colleghi all'Orientale […] che hanno una formazione in questo mondo tradizionale e usano le immagini come illustrazione, tutto questo per me vent'anni fa, nessuno lo avrebbe mai detto e mi colpisce sentirlo adesso e rendermi conto che quando io facevo l'università nessuno mi aveva proposto questa lettura, […] non mi sono mai particolarmente interessata a questioni molto teoriche, soprattutto negli anni di formazione. […] Quello che mi sembra di avere in qualche modo introiettato è l'idea di un percorso concreto, […] cioè cercare di allontanarsi da qualunque approccio intuitivo all'immagine. » 1.1.5.
François Lissarrague November 2002
« On travaille par association d'images tout le temps, mais en même temps quelle est la valeur de ces associations, quel type d'enchaînements fait-on et qu'est-ce que ça vaut? […] Ce qui me frappe le plus […] c'est que dans les séminaires, je parle tout seul pendant deux heures, j'ai peu de retour. […] Personne ne me dit "mais là il y a une image qui dit le contraire, ou pourquoi tu dis ça?" […] Cela me ramène aux séminaires d'autrefois, quand Jean-Louis (Durand), Françoise (Frontisi) ou Alain (Schnapp) étaient là, il y avait discussion. Ils avaient des choses à renvoyer, des choses qu'on avait oublié ou vu différemment. Et je n'ai plus ce retour, en ce moment. J'espère que ça reviendra, mais j'ai plus l'impression de faire un cours et de parler du haut de mon perchoir que d'avoir ce retour-là. » 3.1.3.
Question : « L’iconographie s’inscrit-elle dans votre expérience d’enseignement ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? »
« Ce […] n’était pas du tout pour que les étudiants fassent comme moi. C’est pour montrer les dessous de ma démonstration. […] Quand je vais dans des colloques, j’apporte des images, et quand les autres ne comprennent pas les images, là il faut expliquer, il faut expliquer comment fonctionne l’image, bien sûr. On ne sait pas lire les images ! » 4.3
Les séminaires jouent un rôle important et permettent d’acquérir de nombreuses connaissances. Ils sont aussi un lieu de rencontre autant entre élèves qu’avec les professeurs. Pour certains, les séminaires ont fait naître un intérêt pour les images.
François Lissarrague November 2002
« Je n'ai jamais fait d'histoire de l'art à l’université ; j'ai appris sur le tas, par des lectures comme tout le monde. Mais, là où j'ai appris le plus, c'est avec Claude Frontisi. En regardant Klee, en discutant sur des questions d'art contemporain. Tout d'un coup tu replaces les choses autrement. Toutes ces rencontres se cumulent en même temps. » 1.1.3.
« È all'università che io ho scoperto il patrimonio delle immagini. […] (Le competenze nello studio dell’immagine) sono nate all'università sì. […] Per esempio io, anche se nessuno me lo aveva detto, siccome mia madre era di Verona, sono andata a Verona, andavo nei musei e godevo delle cose dei musei. […] Un professore di storia dell'arte dell'università, senza essere un genio, ha avuto la capacità di nutrire e aprire meglio questa mia passione, pur specificamente l'interesse per lo studio delle immagini nel mondo antico, ma più della semiologia diciamo, lo studio del significato delle immagini e dei possibili percorsi che si possono fare...e questo è degli anni Settanta. » 1.1.4
Marie Christine Villanueva-Puig January 2011
« Dans les grands séminaires que j’ai suivis, il y avait Roland Martin, Jean Marcadé (je suivais ses séminaires depuis le début à Paris) et François Villard. Roland Martin enseignait à l’EPHE, c’était la conférence d’architecture grecque. Jean Marcadé enseignait à Paris 1 (il a succédé à Martin à Paris 1, c’était le séminaire sur la sculpture grecque) et il avait un cours au Louvre pour la préparation des candidats de l’École d’Athènes auquel il acceptait que j’assiste. J’ai beaucoup travaillé devant les objets. Même si, essentiellement, c’était des marbres grecs du IVème siècle, cela m’a paru méthodologiquement aussi important que l’interprétation. [...]Chez F. Villard aussi (il dit qu’il n’aime pas l’iconographie et me l’a dit souvent), mais il a accepté que je suive ses cours au Louvre ; j’y ai beaucoup appris. Il a été très généreux de son temps, même pour des problèmes iconographiques. […] Le séminaire de J. Marcadé a décidé de mon sujet de travail : le séminaire, la première année, concernait le cratère de Dervéni. Là, c’est vraiment une image et une série d’images. [...] Dans la population étudiante, il y a une masse de gens sérieux qui sont des historiens et nous leur proposons, nous, saltimbanques des images, des séminaires à leur usage pour lire les images. C’est cela qui est intéressant. Pour moi l’avenir c’est l’histoire et c’est, aux gens de langues anciennes, les images, d’apprendre à nos historiens à tout utiliser, y compris les images. Ils y gagneraient beaucoup parce qu’ils sont très maladroits avec les images. C’est très rare de rencontrer un historien qui manie bien les images pour ce qu’elles sont. Il y en a. Je trouve, pour cela, ce séminaire utile. » 4.2.
Paolo Moreno March 2010
« Ho trovato un metodo che ha funzionato benissimo e che in principio aveva il nome tradizionale di seminario, […] soprattutto da quando sono venuto a Roma, (ma) lo praticavo anche a Bari: […] al principio dell'anno accademico fissavo ogni mese una riunione in un giorno preciso della durata di due ore, pomeridiana, tardi, dalle sei alle otto, quando anche chi lavora è disponibile, in cui tutti gli allievi che avevano una tesi o una tesina o comunque un interesse di approfondimento erano invitati. Invitati a parlare, non parlavo mai io. Cioè ciascuno raccontava la sua tesi, a qualunque livello fosse. » 4.3.
Pour beaucoup, une rencontre avec un chercheur ou un professeur a été déterminante pour leur orientation et leurs liens à l’iconographie. Pour d’autres, cela n’a pas été le cas, comme pour John Boardman par exemple qui confie ne pas avoir été influencé par une personne mais par la matière en elle-même.
Luca Cerchiai
« Ho iniziato a lavorare sull’iconografia sotto la guida di d’Agostino negli anni in cui Bruno cominciava ad approfondire il discorso sull’imagerie insieme alla scuola francese organizzata intorno al Centre de recherches comparées sur les societés anciennes. Erano gli anni tra il 1978 -80, dopo il convegno sull’ ideologia funeraria. » 1.2.2.
Luca Giuliani December 2010
« La persona determinante penso che sia stata Karl Schefold. Karl Schefold faceva lezione solo ed esclusivamente su iconografia mitologica; solo un anno in cui io sono stato un semestre a Monaco, lui ha fatto, credo, una lezione su qualche altra cosa, su Pompei, ma non l’ho sentita. Quindi io, dal primo semestre fino al dottorato, non ho fatto altro che sentire lezioni su iconografia mitologica, e non avrei mai immaginato di occuparmi dello stesso argomento. Mai. Lo ritenevo completamente escluso. E più andavo avanti con lo studio, più escluso mi sembrava. E questo, per una ragione che a posteriori mi sembra abbastanza semplice. Per Schefold l’iconografia mitologica e le fonti scritte erano fenomeni paralleli e causati da una radice comune, profonda, che lui chiamava il “pensiero religioso”, che è una specie di structura structurans che sta dietro ai fenomeni : è quello che in fondo in tedesco si chiama “Geistesgeschichte. » 1.1.1.
Pascale Linant de Bellefonds February 2010
« C'est surtout la rencontre avec Lilly Kahil qui a été décisive et qui m'a donné envie de poursuivre dans cette direction. Au départ, je me destinais plutôt à l’archéologie de terrain, et c’est cette rencontre avec Lilly Kahil qui a été décisive. […]Sa façon de présenter son cours qui était axé sur l'étude de la céramique grecque et essentiellement sur l'analyse d’images, cela m'a plu d'emblée. » 1.1.1
Donna Kurtz August 2003
Question: “And could you talk about the people [that have influenced you] ?”
“Well I suppose at Cincinnati it was Jack Caskey, who was a Bronze Age archaeologist, and Cedric Boulter, who was a Classical archaeologist. I think that the period of greatest influence was from Yale, when it was Bernard Ashmole, who was there for a year. And it was he, with the other Oxford people, who happened to be there, who decided that I was coming to Oxford. So there’s also been a very strong personal element.” 1.1.2.
Simon Price December 2002
« When I went to Cambridge in the third year of my research, I there met Richard Gordon who was certainly very influential, as he has been for all sorts of people, because he’s just so fertile in ideas. » 1.1.2.
« Claude (Frontisi) est historien d’art, donc les images j’en ai vu défiler tout le temps. Les images grecques ça a été […] quand je suis rentrée au Centre (Louis Gernet) à temps plein - j’étais d’abord assistante au Collège de France - et on a commencé à faire notre fameux séminaire d’iconographie avec Jean-Louis Durand, François Lissarrague, Alain Schnapp, Jean-Pierre Darmon. » 1.1.2.
John Boardman December 2002
« I think that everything I have ever done has been inspired by the material itself, not by other people. Unless I’m disagreeing with them- which is often. » 1.1.2.
L’intérêt pour les images provient de différentes situations exprimées ici par les chercheurs. Certains l’ont découvert grâce à des rencontres (cf. supra), mais pour beaucoup, cet intérêt est né pendant l’enfance notamment à l’école mais aussi en visitant des musées ou par des lectures.
Simon Price December 2002
« I had no formal training as an undergraduate in classical iconography. I didn’t study any archaeology or art history, although I was always quite interested in it. I read books about vase painting and so on for fun, though I didn’t study it. I’ve always also from school days and onwards been to visit museums and looked at objects from all over the Mediterranean world where I have happened to been. As I’ve also looked at ruins and monuments. In the days where I started doing my thesis there was no training for graduate students, we just moved straight from being undergraduates to writing a thesis. So everything else that I have learned about iconography I have learned through talking to people and reading things. » 1.1.1.
« I’ve always been to art galleries ever since I was little and enjoyed looking and thinking about paintings. So for me that’s an important part of my intellectual and cultural formation. » 1.2.2.
Marie-Christine Villanueva-Puig January 2011
« Mon intérêt pour l’image est venu très tôt, lors de ma première visite au Louvre, vers l’âge de 12 ans. Là je me suis dit : « ce sera ça ou rien ». Mon intérêt pour la Grèce est un peu antérieur et provient de la lecture de l’Odyssée, donc une approche plus littéraire. Mais disons que pour l’image, c’est le Louvre et la fréquentation des œuvres mais pas forcément les œuvres antiques ; je me souviens d’une très forte impression de l’Homme au gant du Titien. » 1.1.2
Luca Cerchiai
« Da piccolo mi piaceva visitare i musei e i monumenti; ero un bravo studente di liceo interessato al mondo antico che si manifesta anche attraverso le immagini. Ma non c’era una precisa applicazione iconografica. » 1.1.3.
Donna Kurtz August 2003
« It came as a child because I was taken to the art museum, to children’s classes from the age of about 11. So a museum with objects was home. I always liked pretty things. Pretty things tend to have the iconographical element. » 1.1.2.
« Mon intérêt pour l’image a toujours existé par tradition familiale. Mes parents s’intéressaient beaucoup à l’art et à l’histoire de l’art. J’ai visité beaucoup plus d’églises que tous les croyants, ainsi que beaucoup de musées ; donc cela a très vite fait partie de ma vie. Je pense que comme cela faisait partie de ma vie, il ne m’est pas venu consciemment tout de suite que c’était un domaine qui m’intéressait. On m’a dit d’aller à Rome et qui dit aller à Rome, dit se former dans ce domaine. » 1.1.3.
Malgré leur utilisation de l’image, beaucoup n’y ont pas été formés et ne se considèrent aucunement comme iconographes ; ils ne portent pas d’intérêt particulier pour l’iconographie en tant que discipline, mais l’abordent comme un outil.
« Je n’ai pas fait de séminaire d’iconographie, j’ai fait des séminaires plus larges, je n’ai pas fait d’iconographie pure. » 4.4.
Luca Cerchiai
« Ho una formazione di archeologo classico, senza una preparazione specifica sull’iconografia. » 1.1.1.
Martine Denoyelle April 2010
« Je n'avais aucun intérêt spécifique pour l'image. Mais je ne le savais pas. C'est-à-dire que je pense que j'ai découvert l'image en tant qu'objet de réflexion très tard. J'avais un intérêt par contre pour les œuvres d'art. Pour les œuvres antiques. Mon intérêt s'est déplacé […] de la connaissance textuelle d'une civilisation à la connaissance à travers l'art. Ce qui était intéressant dans ce cadre-là c'était l'étude de l'œuvre d'art. […] Et ça a été la sculpture, qui était ma formation, et ensuite les vases grecs, pour lesquels je n'arrive pas à retracer l'origine de mon intérêt. […] Dans le fond, pendant toutes ces années, cela a été comme une sorte de ruisseau souterrain ; c'est-à-dire que j'étudiais des lettres classiques, j'étudiais l'art grec, la sculpture grecque, l'architecture grecque, etc. Il y a un moment où il y a eu cette résurgence de cette espèce d'univers d'images. » 1.1.2.
Donna Kurtz August 2003
« I’m not really an iconographer. I’m an object person. I always start with the object and I want to know what the object is for. And then I move on to the decoration and then I look at the iconography. So I suppose the answer to your question “How did I come to iconography?” is through the object. » 1.1.1.
John Boardman December 2002
« I’m not an iconographer. » 3.1.3.
« En réalité, je ne crois pas beaucoup à l’iconographie, je ne m’intéresse pas vraiment à l’iconographie en tant que discipline constituée. » 1.1.4.
Paul Cartledge December 2002
Question: “Are you can iconographer?”
“Well no, I’m an iconologist in this sense, but then that’s true of my work as an historian of texts as well.” 3.1.3.