Au XXe siècle, la « Révolution numérique » entraina des mutations durables dans le quotidien. L’évolution des technologies fut particulièrement riche à la fin du siècle : les années 1980 virent le début de l’ordinateur personnel et la décennie suivante connue l’explosion d’internet. Aujourd’hui encore l’informatique se perfectionne et amène toujours plus de possibilités.

Les historiens de l’art et chercheurs ont eux aussi été impactés par l’accès à ces nouveaux outils. Dans ces interviews des années 2000 et 2010, le numérique est évoqué principalement au travers de questions sur les bases de données ou la possibilité d’intervention informatique sur l’image.

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1.1. Les outils numériques et leurs apports : les bases de données (en ligne ou non)

L’utilisation des bases de données s’est démocratisée par le développement des technologies numériques. Elles peuvent être un outil riche et puissant capable de gérer un grand nombre d’informations et d’images. La plupart des chercheurs en font usage en leur reconnaissant une grande utilité qui aidera la recherche de demain. (Voir la notice « base de données », dans wikimage)

1.2. Les outils numériques et leurs apports : les images numériques et les logiciels de traitement d’images

Comme les bases de données, les logiciels de modification d’image se sont développés et perfectionnés. Selon certains chercheurs, comme François Lissarrague et Gilles Sauron, le recours à ces outils sert la démonstration. La manipulation facilite la pédagogie et la compréhension du propos. Jas Elsner ajoute que les images sont ainsi plus facilement lisibles et de meilleure qualité pour le lecteur. Plusieurs chercheurs utilisent Photoshop© et reconnaissent ses qualités. Renaud Robert, Marie-Christine Villanueva-Puig et Pascale Linant de Bellefonds mettent en avant la possibilité par le numérique et ses outils d’observer davantage d’éléments qui échappent à l’œil nu.

2.1. Les limites de ces outils numériques pour modifier une image : entre malaise et honnêteté intellectuelle

Bien que certains des intervenants plébiscitent les logiciels tel que Photoshop©, leur utilisation et le concept « d’intervention sur l’image » sont souvent source de malaise. En effet, avant de répondre à la question, un grand nombre des chercheurs ressentent le besoin de définir par eux-mêmes le terme « intervenir », parfois repris sous la forme « modifier ». Ils fixent ainsi les limites qu’ils acceptent. Si certains sont favorables aux modifications pour la gestion des contrastes et des nuances offrant une meilleure présentation de l’image, d’autres sont plus réticents à transformer l’image.

Ce refus est souvent associé à la peur de compromettre l’authenticité de l’image. John Boardman évoque le fait que le spectateur peut se retrouver dupé devant une image qu’il considère comme la réalité mais qui ne l’est pas à cause des outils numériques qui facilitent selon lui cette tromperie. Pour ces raisons, des chercheurs comme Renaud Robert et Irene Bragantini encouragent l’explication et la justification des manipulations de l’image. Les propos de Martine Denoyelle illustrent bien ce malaise et mettent en avant le débat de l’honnêteté intellectuelle qu’interroge la modification des images. Elle s’autorise à modifier ses images dans le cadre de la pédagogie d’un cours mais le refuse pour une publication scientifique officielle.

2.2. Les limites de ces outils numériques : les dangers des moyens modernes

Dans leur interview, les chercheurs affirment l’importance des outils numériques qui se développent. Cependant, ils mettent en garde contre les pièges que ces outils créent malgré eux. Les accès aux informations et aux images facilités par le numérique ne sont pas des solutions auxquelles il faut recourir aveuglément. Comme l’affirme François Lissarrague, les banques d’images ne peuvent pas se substituer à la recherche. Il y a la nécessité de prendre du recul sur ce qui est présenté. De plus, Martine Denoyelle met en avant que ces facilités de recherche ne fonctionnent pas dans tous les cas : l’analyse du style est toujours liée à l’observation directe de l’objet. À cause du numérique, le contact à la matérialité réelle de l’objet est facilement perdu. Pourtant, pour beaucoup des intervenants, il s’agit d’une partie de la recherche qu’il ne faut pas omettre. Comme le souligne Mary Beard et John North, sans déplacements pour voir les œuvres, il y a également le danger de perdre leur contexte.

3.1. Les transformations durables amenées par le numérique : une accélération de la recherche et de son temps

Le numérique a permis d’accélérer le temps de recherche par la simplicité et la rapidité d’accès aux informations. Les outils développés peuvent permettre d’aller plus loin dans l’analyse, ils amènent de nouveaux liens et questionnements entrainant une recherche plus riche et dynamique, comme le souligne Martine Denoyelle. Certains chercheurs, comme Pascale Linant de Bellefonds, reconnaissent que l’informatique permet de traiter un grand nombre d’informations qui sont difficilement gérables par papier. De même, Internet permet la publication d’éléments qui auraient difficilement pu être accessibles, comme le signale John Boardman.

3.2. Les transformations durables amenées par le numérique : vers une génération différente de chercheurs ?

Ces nouveaux outils amènent une approche de la recherche différente pour les nouvelles générations d’étudiants et de chercheurs. Lorsqu’il est question du numérique, les limites personnelles et le manque de maîtrise des outils reviennent souvent dans les discussions. La plupart des chercheurs confessent qu’elles sont dues à l’âge et au manque d’utilisation, ces outils étant arrivés plus tard dans leurs formations. Certains, comme Martine Denoyelle et Renaud Robert, notent que la nouvelle génération fonctionne différemment. Elle utilise plus facilement et trouve plus efficacement ce qu’elle a besoin sur ces moyens modernes.

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