Qu’est-ce que le faux ? En philosophie, le concept de faux est surtout utilisé en opposition à la notion de vérité. La vérité, c’est ce qui est conforme à une réalité attestée par l’observation ou par l’expérimentation. La vérité est définissable selon des critères devant être les plus objectifs possible et partagés par tous. Le faux vient alors en opposition à ce qui est vrai. Il est donc définissable comme ce qui n’est pas conforme à une réalité, qui n’est pas authentique, qui ne peut pas se vérifier et qui ne fait pas consensus. Dans une plus large mesure, le faux est considéré comme une imitation ou une interprétation erronée de la réalité.

En histoire de l’art, le faux est une imitation ou une copie d’une œuvre d’art à des fins mercantiles – le faussaire cherche à tromper volontairement le spectateur et le spécialiste, à cause d’une fausse attribution d’une œuvre à un artiste ou une époque particulière, ou dans un but d’apprentissage et d’étude - pensons notamment à la réalisation de copies de statues antiques dans les Académies et Ecoles d’art pour permettre aux étudiants de s’exercer. Il peut également s'agir d'une copie d’œuvre d’art destinée à une exposition en extérieur de façon à ne pas détériorer l’œuvre originale, comme c'est le cas pour la fausse statue équestre de Marc Aurèle sur la place du Capitole à Rome. Pour les chercheurs interviewés, cette notion de faux est aussi liée à une erreur d’interprétation ou à une fausse hypothèse lors de la lecture / analyse / interprétation des images. Pour certains d’entre eux, cette notion est également évoquée par la question de l’altération des images, volontairement ou non, lors de leur traitement pour étude ou publication.

 

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1.1. La réalisation de faux

Pour les chercheurs interviewés, le faux en histoire de l’art consiste avant tout en la réalisation d’une copie d’une œuvre d’art sur le modèle d’une œuvre existante. Le faux est alors une imitation qui doit donner l'illusion d’être une œuvre authentique.

1.2. L’identification des faux

La question de l’identification des faux est alors une question majeure en iconographie qui soulève de nombreuses problématiques. L’identification est une question récente liée en partie au développement de l’iconographie et de l’histoire de l’art comme un domaine scientifique à partir de la fin du XIXe siècle.

2.1. Le faux photographique

Pour les chercheurs, le faux photographique touche principalement la question de la retouche photographique et pose la question des limites de l’intervention que peuvent avoir les chercheurs. On s’aperçoit que beaucoup d'entre eux sont tentés d’intervenir directement sur les images sur lesquelles ils travaillent pour améliorer la lisibilité de l’œuvre et sa compréhension, comme c’est le cas chez Mary Beard. En revanche, pour d’autres, la retouche de photographie présente toujours un risque de falsification de l’image étudiée.

2.2. La reproduction par la photographie

La reproduction par la photographie met en avant le rapport du chercheur avec l’image qu’il étudie. La reproduction d’une œuvre est souvent considérée par les chercheurs comme un faux nécessaire – on ne peut pas toujours travailler directement à partir des œuvres – mais un faux tout de même qui suppose une perte par rapport à l’œuvre originale, notamment la perte de son contexte et de l’environnement dans lequel elle se trouvait qui sont tout aussi importants pour la compréhension de l’image.

3.1. Le problème de la lecture de l’image

La question du faux et de l’erreur dans l’interprétation de l’iconographie est aussi une question particulièrement mise en avant par les chercheurs interviewés. L'un des principaux problèmes évoqués par les chercheurs est le problème de la lecture de leur image. Pour Françoise Frontisi-Ducroux et Gilles Sauron, on remarque que le problème est en lien avec la précipitation mise dans la lecture de l’image.  

3.2. Les erreurs liées à la méthode d’étude

La méthode et la pédagogie peuvent aussi être des facteurs à risque en matière d’erreur d’interprétation en iconographie. Pour les chercheurs interviewés, l’erreur est aussi souvent une erreur humaine d’interprétation en lien à la subjectivité ou la formation de tout un chacun, avec l’exemple d’Emile Espérandieu, voire une certaine routine méthodologique dans laquelle certains iconographes peuvent tomber en restant dans le cadre restreint de leurs connaissances.    

3.3. Les erreurs liées à la complexité de l’analyse

Les chercheurs pointent ici les erreurs liées à la complexité de l'analyse d’une image. Ce qui est mis en avant par Gilles Sauron et John Boardman, c’est le risque d’erreur provoqué par le besoin du chercheur de trouver absolument une explication ou une interprétation à l’image qu’il étudie, quitte à s’éloigner de son contexte d’origine ou à chercher des exemples dans des domaines d’études plus larges au risque de se perdre.

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