Un corpus correspond à un ensemble de documents réunis dans l’objectif d’une étude. Il est un objet scientifique qui permet de délimiter le travail du chercheur : le corpus rassemble tous les documents d’étude d’une catégorie donnée et définie par celui qui le compose. Il est donc un outil primordial dans le travail de recherche en histoire de l’art, qu’il soit personnel ou public comme le sont le Corpus Vasorum Antiquorum (CVA) et le Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae (LIMC), par exemple. En ce qui concerne les corpus publiés en ligne, nous vous invitons à consulter la notion “base de donnée”.
Le corpus est l’outil de travail de celui qui étudie un document figuré : il offre l’opportunité de la mise en contexte d’une image qui seule ne permet pas de faire émerger une réflexion. Cependant, tous les chercheurs ne l’utilisent pas et ne l’appréhendent pas de la même manière. La définition de la notion corpus reste différente pour tous ces historiens de l’art. Martine Denoyelle soulève la fonction essentielle du Corpus Vasorum Antiquorum (CVA) dans sa pratique de recherche. François Lissarrague quant à lui, confirme l’idée que le corpus est spécifique au chercheur. De même, Paul Cartledge soulève le fait que les universitaires ont des pratiques et des priorités différentes. Dans ce sens, le corpus est une notion créée par leur propre pratique. In fine, Simon Price soulève la fonction du corpus dans un sens de base de données pratique, et infiniment plaisant pour le lecteur du corpus. Tandis qu’Ida Baldassare évoque un schéma répétitif dont la fonction est clairement définie.
Martine Denoyelle
« Corpus c'est un ensemble d'images que tu définis d'une certaine façon et que tu livres aux autres. Comme le Corpus vasorum [CVA]. C'est un ensemble de photos de vases, de tel musée, avec la bibliographie et la description. Je publie cela. C'est un corpus. ». 2.4.1
« [La fonction du corpus] est essentiellement méthodologique, c’est-à-dire que cela concerne les apports de l’iconographie pour lesquels j’ai des réticences. Si l’iconographie a apporté une chose, c’est de montrer que, pour l’Antiquité, les images sont rarement uniques et que par conséquent on ne peut que les comprendre en série. Les corpus d’images servent à nous fournir la série la plus complète possible. » 2.4.1
François Lissarrague
“Chaque type d'images, chaque corpus pose des problèmes spécifiques et c'est ça qui est intéressant. Donc une méthode, c'est souhaitable, mais ça a ses limites.” 4.3
Pascale Linant de Bellefonds
“Je pense que [le corpus] est à la fois un outil, à la fois un point de départ, un objet d’étude.” 2.4.1
Paul Cartledge
« In a way we talked about this under archives, it’s the same, but a corpus tends to be applied to [for example] Corpus Vasorum Antiquorum, that sort of thing, the notion that you can capture every extant, every surviving example of a phenomenon and you do it with categories of artefacts that people find, well, it might be commercially, significant. In other words, an art dealer or an owner, or a purchaser of objects might want to know how many more of them like this there are. Of course scholars have quite different priorities, they need ready, quick references, and therefore you want to gather together similar types of data. And the corpus is an invented notion of course, because they don’t exist in the real world, or at least they exist in the imagination in the real world. But the corpus of all vases, for example, is a purely inventive construct. » 2.4.1
Simon Price
« What is the function of a corpus of images? Convenience. It’s a lot of work for somebody but in terms of the reader it’s brilliant. In some cases, because the objects themselves are necessarily made to be dispersed all over the world, often it will have to serve as a substitute for personal autopsy. ». 2.4.1
« La funzione di un corpus di immagini è quella di verificare credo la ripetitività degli schemi no? e quindi creare degli accorpamenti, non lo so. » 3.2.1
La construction du corpus constitue une part majeure de l’étude des images. Elle est basée sur une sélection régie par des critères de choix qui sont définis par le chercheur et qui circonscrivent son étude. Le corpus peut être ainsi déterminé par des indices géographiques, temporels, ou encore thématiques. De cette manière, il est pensé différemment par les différents chercheurs, dans leur manière de l’appréhender, de le construire et de le manier.
La période et le lieu de production des images constituent pour François Lissarrague et Irene Bragantini les critères premiers de la construction du corpus. Pour Angela Pontranfoldo, si les indices géographiques et chronologiques sont nécessaires au corpus, c’est l’iconographie qu’elle voit comme l’élément principal de sélection. Paul Cartledge et Paolo Moreno privilégient quant à eux la typologie de l’objet étudié. Cependant, des chercheurs tels que Luca Cerchiai ou Simon Price définissent les critères de sélection du corpus selon l’objectif de leur recherche; comme l’explique Pascale Linant de Bellefonds, la construction du corpus est intrinsèquement liée à son intention. Cette idée rejoint d’ailleurs celle de Mary Beard pour qui ce sont les critères choisis qui font du corpus un outil intéressant. Par ailleurs, Jas Elsner insiste sur la nécessité même du corpus dans son élaboration et l’idée de lier les images aux textes qui leurs sont associés.
François Lissarrague souligne aussi l’importance d’expliciter les critères choisis dans la construction du corpus.
François Lissarrague
« On a souvent considéré aussi que le lieu de production était un critère fort; et on s'est toujours placé à partir de ce lieu de production. Sinon, en étudiant l'attique, si on commence à penser étrusque, on est mort. En tout cas, j'ai toujours pensé, et j'ai peut-être tort, mais c'était une manière de hiérarchiser les problèmes, qu’on ne pouvait pas tout traiter à la fois. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas se poser la question du vase attique en Etrurie, mais pour moi, cette question était seconde par rapport à une lecture athénienne d'abord et même athénocentriste qu'on nous a parfois reproché. C'était un souci à la fois de simplifier et de clarifier. Je n'ai jamais dit, « il ne faut pas faire ça », j'ai juste dit, soit je ne sais pas le faire, soit je ne peux pas le faire en même temps. Donc le stylistique avec le thématique, la monnaie avec le vase; mais j'avance vers les reliefs depuis 3-4 ans et il est vrai que quand on commence à s'interroger sur le sacrifice dans les reliefs et dans les vases, ou bien sur l'image du guerrier dans les reliefs et dans les vases, on commence à faire bouger les choses de manière plus intéressante, mais on ne peut pas tout faire en même temps. » 2.4.2
« En tout cas il n'y a pas de corpus donné, pas plus qu'il n'y a de fait donné en histoire, on les construit avec un certain nombre de critères qu'évidemment il faut énoncer ; l'implicite et les choses qui vont de soi ne vont jamais de soi. On a toujours avantage à les expliciter. » 2.4.1
Pascale Linant de Bellefonds
“ [...] on peut construire un corpus d’images avec beaucoup d’objectifs différents. On peut collectionner les images d’un même thème, tout est pertinent, en fonction de l’objectif du corpus.” (2.4.2)
Jas Elsner
“For using and abusing. I have no interest in creating a corpus in order to create a corpus. The existence of corpus is very necessary. What would I know about sacrificial images in Roman art if I didn't go and find Scott Ryberg’s great volume? I need these corpuses, they are useful. Of course they are always inadequate. It is the other positivistic myth of completion, of full-achievement. It is always subject to the personal weakness of the people who accumulated the corpus.” 2.4 / 3.2.1
“But I would say one thing about that: I have always thought that better than a corpus that is specifically imagistic would be to create one which comprises images and their texts – inscriptions on bases as well as statues, etc. This is hardly impossible in the era of the computer database. I mean my interest has been to try to extend to the realm of what would be useable between art and text, to apply either of these criteria within the field that might extend the way of doing the visual.” 2.4 / 3.2.1
John Boardman
“Well I have a sort of feeling that one is rather bound to make a corpus in terms of interpretation, which I know is not ideal. And you have in a way to decide that that is Heracles, so you’ll put it under “Heracles.” You could get a little worried and say, “well perhaps it isn’t Heracles, perhaps it is [somebody else]- this is really a young Athenian, thinking that he is Heracles or behaving in a heroic manner.” And so it should be classified separately, and one should never say “Heracles and the Lion”, you should say “Lion, male with whatever it might be”, and not prejudge. That is an ideal way of doing things, which would take an enormously long time, and you would finish up nowhere, I’m afraid. We all want to do things in our own life time, we don’t want to wait another fifty years, until everybody has put all things on vases. And then you’ve got to resort them again, and what you’ll finish up with is what you wanted to start with, which is Heracles and the Lion. You can look at Heracles and the Lion pictures and say, “well perhaps some of them aren’t Heracles,” but at least you’ve got them in a context in which you have something to do with. So I think that a corpus of images is bound to be in a way old-fashioned and determined by prejudice, that one thinks that a man with a bow and a club is fighting a lion, that he is likely to be Heracles. And I think one is bound to do this, like LIMC. I know that there were criticisms at the beginning, and people say, “oh you can’t do it this way.” But they would never demonstrate how it could be done, and you can’t.” 2.4
Paul Cartledge
“Well if I were going to do it, it would be typological rather than geographical- the type of object.” 2.4
Luca Cerchiai
“Il corpus rientra nella nozione di sistema: va costruito per approfondire la posizione e il significato assunti da un’immagine specifica al suo interno.” 2.3.1
(Usi criteri geografici, cronologici etc?) “Dipende del tipo d’immagine. Per l’immagine dipinta su un vaso, adotterei innanzitutto un criterio tipologico, partendo dalle classi di produzione; poi continuerei con la distinzione delle forme. Un criterio tipologico mi sembra indispensabile.” 2.4.2.
“Necessariamente anche cronologico, perché la nozione di tipologia implica quella di cronologia.” 2.4.2
“La ricostruzione delle coordinate del sistema in cui è inserita l’immagine è indispensabile per calibrare gli scarti che sussistono quando si passa al confronto con sistemi significativi esterni: un passaggio, ad es., indispensabile per l’iconografia degli Etruschi, ma che deve procedere attraverso una messa a punto di metodo.” 2.4.2
Irene Bragantini
“In base ai contesti di provenienza, sì, assolutamente, non in base all'immagine, alla cronologia e ai contesti. Non assolutamente in base alla..., cioè naturalmente questa risposta è molto influenzata da quello che io faccio no?, per cui, siccome io mi occupo di pittura romana, per me è molto più importante nel creare il corpus inserirlo all'interno del contesto dipinto. farei piuttosto una cosa per cronologie, per esempio, o per, appunto, provenienze che per soggetti, perché altrimenti, appunto, torniamo al povero LIMC.” 3.2.2
“[...]il problema è che, poi, tu segui sempre un percorso autonomo nel costruire il tuo corpus e, quindi, o tu hai un mare sconfinato in cui non riuscirai a trovare niente, oppure, se ti devi creare comunque un tuo corpus, sì lo crei da una banca dati di immagini invece che sfogliando duecento riviste.” 2.1.3
Simon Price
“Do I have a general view of that? I’m tempted to say that it’s going to depend upon what the purpose of the corpus is. What is the purpose? Take for example the Roman provincial coinage publication. They’re proceeding chronologically, and then within that, regionally. So that it isn’t going to present in one set of pages the output of Ephesus, for example, that’s going to be sliced up in a lot of different places. On the other hand you can see the output of the whole eastern half of the Empire at a particular moment. There are costs and benefits of both. In some ways, I think that the possibility of online publication might mean that having to decide these things is no longer an issue. Because if things are done in a proper database which is accessible on the web, then you can ask it the question that you want at that particular time. You can say, “give me all the coins at Ephesus”, or you can say, “show me all of the coins minted in 80/70. And because both of those are perfectly reasonable questions to ask, I think that that ought to be thought about more seriously. And of course, it would also get around some of the problems of the category issue that we talked about in relationship to ThesCRA. It would mean that you weren’t imposing forever one set of choices – good choices – but the material could be sliced up into quite different ways.” 2.4.2
Paolo Moreno
“Cioè Lei sbaglia a chiamare corpus, cioè l'archeologo si confonde a questo punto. Noi chiamiamo corpus quello tipologico direi. È ovvio che una ricerca cronologica è assolutamente...eh io veramente ho un errore di gioventù perché io poi in tutta la mia carriera matura ho sempre evitato addirittura anche delle cronologie.” 3.2.2
Mary Beard
(Which criteria do you privilege for setting up a corpus?) “Well that’s the question isn’t it? Because why they’re interesting is because of the criteria that you chose.” 2.4.2
Angela Pontrandolfo
“I criteri stilistici sono uno degli elementi che permettono di creare una gerarchia in un sistema. Ma è uno degli elementi che entrano nel gioco dei dati, che però non è fondamentale per la comprensione delle immagini. E' uno degli elementi che entra in gioco quando si ha poi una seriazione di immagini, un corpus all'interno...all'interno di un corpus è importante perché comunque il criterio, l'elemento stilistico entra in gioco anche per la complessità del grado delle immagini, le due cose camminano assieme.” 3.1.3
“Io un corpus lo costituisco partendo dalla iconografia. Poi gli elementi geografici, cronologici, eccetera, sono gli elementi esterni che entrano in gioco per leggere il corpus. Ma il corpus è basato sull'iconografia. Questi sono elementi. Non faccio le immagini del." 3.2.2
Un catalogue général se veut le plus exhaustif possible et joue le rôle d’un répertoire de référence. Le LIMC et le CVA sont les catalogues d’images majeurs qui permettent aux antiquisants d’avoir une base de données numérique ou écrite publiée.
En effet, LIMC et le CVA sont des outils utiles pour les historiens de l’art qui, bien qu’en y identifiant des défauts, en ont souvent un usage fréquent. Ces catalogues posent la question de la méthodologie du corpus et la question de la singularité des images au sein de ce corpus.
Martine Denoyelle montre qu’aucun catalogue n’est meilleur qu’un autre, il faut alors les prendre en compte dans un ensemble, les comparer et les combiner. Luca Giuliani, de son côté, n’apprécie pas de la même façon tous les catalogues et en considère certains comme mauvais tandis que d’autres lui apparaissent excellents.
Gille Sauron, quant à lui, insiste sur l’indépendance des images, qui ne doivent pas être toutes comprises et mises en relation notamment avec celles qui sont juxtaposées.
La plupart considèrent néanmoins que l’utilité des catalogues est indéniable voire indispensable lorsque l’on recherche une image autour d’un thème ou d’une personne. Le panel, non exhaustif, des représentations permet par exemple à John North de faire des comparaisons et d’étudier les différences iconographiques de chaque objet.
“Je crois qu'il faut utiliser ces catalogues, ces bases de données, avec l'idée que la singularité de l'image doit être maintenue si elle existe. Il ne faut pas noyer toutes les images, les absorber dans des séries auxquelles elles n'appartiennent parfois que très partiellement” 2.1.3
“Ces catalogues sont très importants et il faut savoir les utiliser et en particulier il ne faut surtout pas les utiliser pour détruire l'éventuelle singularité des images, mais au contraire les utiliser pour mettre en valeur ces singularités ou bien alors pour constater la pure et simple répétition d'un même thème” 2.1.3
Paolo Moreno
“Eh ne penso molto bene, come tutti. Cioè è un aspetto dell'archeologia che viene detto, a volte anche con una vena negativa, non so perché, classificatorio. Personalmente io faccio una cosa del tutto diversa, cioè, appunto, ho sul tavolo i cataloghi dei vasi, delle sculture, delle pitture, e li mischio, diciamo, mischio le carte per tirarne fuori l'immagine anche a un livello se vogliamo ideale, teorico, eccetera” 2.1.2
Jas Elsner
“Of course they are fantastically useful. This is especially the case in our field of classical archaeology. For other fields, they are not so systematic or competent. 2.1.1
Irene Bragantini
"No, no, proprio non li amo. Beh guarda non certo CVA per quello che faccio, quindi, non il LIMC, perché non lo trovo una cosa che mi serve perché proprio, diciamo, è esattamente il contrario del modo in cui a me piacerebbe di lavorare e cerco di lavorare, cioè nel momento...perché appiattisce qualunque percorso di costruzione iconografica” 2.1.2
Martine Denoyelle
“Il n'existe pas de corpus d'images qui permettent de travailler avec un niveau de fiabilité et d'exploitation de chaque image qui soit égal, équivalent à l'autre. Cela n'existe pas.” 2.1.3
Le Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae est un corpus consacré aux images antiques de figures mythologiques. Ce corpus propose pour chaque personnage divin ou héroïque, la mention des sources littéraires antiques qui l’évoque, un catalogue raisonné des objets antiques sur lesquels il est représenté ainsi qu’un commentaire contemporain à la publication sur l’iconographie présentée.
Plusieurs des chercheurs interviewés soulignent la méfiance qu’ils ont vis-à-vis des catalogues, de la qualité de l’image et de sa sélection. Parfois certaines pièces ne sont pas représentées en entier ce qui rend l'intelligibilité de l’objet compliquée, c’est notamment ce qu’indique Marie-Christine Villanueva Puig.
Si certains comme Gilles Sauron définissent le LIMC comme un catalogue “modèle”, d'autres, à l’inverse, dénoncent certains problèmes. Renaud Robert insiste sur la proximité des images entre elles, leur disposition et leur mise en relation qui parfois doit être à relativiser et regarder d’un autre angle.
“Je trouve que le LIMC est un modèle, parce qu’il isole les périodes, les civilisations, et en même temps il regroupe les figures mythologiques dans des articles qui peuvent être très vastes. C’est vraiment un outil très utilisable mais à condition d’être toujours prudent. Il y a toujours une part d’interprétation dans ce corpus malgré l’apparente objectivité. Et si on n’est pas sensible à cette ambiguïté, on risque d’avoir des mauvaises surprises à utiliser des choses floues, approximatives alors qu’il faut les bannir complètement.” 2.4.2
“Je m’en sers. Mais il y a ce côté frustrant. Cela concerne la question que l’on n’a toujours pas abordé : l’iconographie. Si on s’intéresse à la signification de l’image, on peut se contenter, finalement, du commentaire et de l’image… Mais souvent il y a autre chose qui intéresse : la photo de l’autre côté. Cela peut s’avérer incomplet.” 2.1.3
Marie-Christine Villanueva Puig
“Pour le LIMC, malheureusement, j’ai un avis un petit peu plus partagé parce que c’est immensément utile et je m’en sers comme tout le monde. Mais je trouve que c’est, pour moi, une vue totalement fausse. D’abord les objets ne sont pas entiers, donc on extrait une scène. Et tant qu’il y a un objet inexpliqué, je ne peux pas me mettre à travailler. Lorsqu’on fabrique le corpus, il faut en établir les contours qui sont totalement mouvants. C‘est cette dimension qui, pour moi, dans le LIMC est totalement absente. Et c’est la difficulté de choisir les critères pertinents pour fabriquer le corpus.” 2.4.1
“Il LIMC, anche lì ci sono degli articoli straordinariamente utili e degli articoli che non servono a niente, dipende da chi li ha scritti, non dipende dal LIMC. Ma fondamentalmente, trovo che bisogna rendersi conto che il LIMC è un lessico costruito secondo una struttura linguistica ; quindi, cosa inevitabile del resto, perché quando uno fa un’operazione di questo genere, deve seguire una struttura, e la struttura è alfabetica, e l’alfabetica è una struttura che fa violenza alle immagini ; quindi frammenta le immagini in personaggi identificabili secondo il nome, ma non secondo i tipi iconografici” 2.1.2
John North
“Yes, I do actually read it a bit. Well, I look up particular figures when they’re represented and I look at the examples of the different ways. I think that it’s a very helpful method. I don’t have any particular criticisms of that, I think it’s terribly useful. I read it when I’m interested in a particular mythical figure or how it’s represented, or something like that.” 2.1.1
Angela Pontrandolfo
“li uso costantemente. Allora, la preferenza...preferisco il CVA perché le immagini sono migliori. Il LIMC è come se fosse un punto, come dire, giusto di partenza ma non è un”. 2.1.1
Paul Cartledge
“So, absolutely LIMC. Well it varies so much, from entry from the different articles, formidable research to LIMC, but some are obviously better than others.” 2.1.1
Lucas Cerchiai
“ Il LIMC si propone come un’enciclopedia iconografica esaustiva: certo, in esso tutte le immagini hanno lo stesso peso e si avverte una mancanza di contestualizzazione; però mi sembra che funzioni, visto che tutti quelli che lavorano sull’iconografia usano il LIMC, se non altro come base di partenza.” 2.1.3
Martine Denoyelle
“Le LIMC est intéressant, mais le LIMC... tout n'est pas illustré. Je m'en suis beaucoup servie pour mes cours sur la céramique, cours d'iconographie grecque que j'ai donnés aux étudiants de Institut français de Restauration des œuvres d'art, il y a longtemps, en 1980.” 2.1.3
François Lissarrague
“Quand le Limc a commencé à paraître, on était absolument hostiles, théoriquement, sur l'idée que ce n'était pas parce qu'on avait mis bout à bout toutes les images en les nommant, personnage par personnage qu'on avait compris quelque chose. On a vraiment été très très hostiles. Maintenant qu'il existe je m'en sers tous les jours évidemment, parce que c'est une mine d'or, même si elle est insatisfaisante”. 2.1.3
“J’ai utilisé le CVA d’abord et puis après le LIMC et je continue quand il le faut. Le LIMC on connaît l’avantage, on sait qu’on peut trouver énormément de choses. Le défaut c’est qu’on a les images fragmentaires et que donc il faut faire un travail de reconstitution énorme pour savoir ce qu’il y a à côté d’Athéna ou d’Artémis. Mais tous les catalogues d’images que j’ai à disposition, les catalogues de musée, les catalogues d’exposition, grâce à la bibliothèque du Centre (Louis Gernet), j’utilise tout” 2.1.3
Jas Elsner
“LIMC is fantastically useful of course, although I hate it in a way. I am very found of Pompei. Pitture e mosaici because I love the idea of being able conceptually to walk through the house with all the documentation. You go to the house in Pompeii which is completely bashed up: there is maybe one picture; and here they do put together as much... of course they don't do it as well as they should, when you finally look carefully. But they put it together so at least you know the 19th c. drawings of what might have been, or what was, or what they imagined to have been” 2.1.1
Le Corpus Vasorum Antiquorum est un projet de recherche mené par l’Union académique internationale depuis 1919, à l’initiative d’Edmond Pottier. Il a pour objectif la publication en catalogues du corpus des vases, grecs, chypriote, italiote, ibérique ou encore thrace, présents dans les collections des musées.
Marie-Christine Villanueva-Puig, si elle voit positivement le concept du CVA, note la difficulté à utiliser ses premiers exemplaires et préfère une utilisation matérielle plutôt que numérique. Martine Denoyelle et Mary Beard soulignent la qualité variable des photos proposées par le CVA. François Lissarrague signale à la fois les aspects positif et négatif du CVA en étant optimiste vis-à-vis de sa numérisation. Luca Guiliani défend la qualité des différents CVA et leur amélioration avec le temps. Enfin, Luca Cerachi démontre le caractère indispensable du CVA pour la recherche archéologique.
Marie-Christine Villanueva-Puig
“Je les utilise beaucoup parce que je ne peux pas aller partout, alors je pense qu’il y a des choses très variées. Le CVA me paraît à l’origine une idée belle. Cela dit, les premiers CVA sont inutilisables. Cette idée de catalogue un petit peu neutre, fait non pas seulement pour les spécialistes, mais aussi pour le public qui s’intéresserait aux vases” 2.1.3
“Je ne pense pas que le numérique puisse remplacer totalement le papier. Il est question actuellement que le CVA ne soit qu’en ligne. Je ne pense pas que ce soit bien parce que je suis « une femme de papier », j’aime bien mettre côte à côte des planches, comparer des choses, revenir en arrière. Un écran ne me suffit pas. Mais je pense que les bases de données d’images de grande qualité, c’est l’avenir.” 2.1.4
Mary Beard
“I go to CVA much less often but I do that just because it’s a convenient photograph. I would look up, if I wanted a pot, something in Beazeley and he would give me the CVA reference and I know that I would be able to find an awful picture, but it would be a picture. I think that though it is a bit dependent upon the subjects you’re interested in most, because if you think of say Scott-Ryberg as a corpus then I both use and read that.” 2.1.1
Martine Denoyelle
“Quand on travaille avec les CVA, comme quand on travaille avec presque toute documentation publiée, on sait d'avance qu'on va avoir des qualités de reproduction de l'image extrêmement variables suivant les volumes qu'on consulte et donc on y va un peu au petit bonheur”. 2.1.3
Luca Giuliani
“Naturalmente li uso. Il CVA, be’ dipende moltissimo, ci sono dei CVA che sono molto utili, ci sono dei CVA che sono praticamente inutili perche’ le immagini sono grandi come un francobollo. I primi CVA del Louvre sono completamente inutilizzabili e gli ultimi CVA del British sono eccellenti” 2.1.2
François Lissarrague
"Le CVA est un outil extrêmement commode et en même temps un outil imparfait. Je pense que la numérisation et le fait que les images soient disponibles autrement va faire bouger ça. C'est peut-être utopique, mais les CVA comme les catalogues sont des formatages pré-contraints d'ensembles donnés." 2.1.3
Luca Cerchiai
“Il CVA è un monumento che ormai fa parte della tradizione archeologica” 2.1.3
En soi, les deux notions sont extrêmement proches, tout en demeurant différentes. Nous avons pu comprendre que la mise en série d’images permet de mettre en valeur les singularités de chacune d’entre elles et d’occasionner une sorte de dialogue entre elles. Le corpus fait à peu près la même chose. Une série se définit par le rassemblement d’éléments de même nature rangés autour d’un même critère. Ce que l’on peut voir ici, c’est que la question de l’objectif de mise en étude est moins présent dans la mise en série que dans la notion de corpus, ainsi que la réunion des œuvres autour de mêmes critères dans le cadre d’une étude. Cependant, la mise en série peut aussi être vue comme une étape d’élaboration d’un corpus.
Martine Denoyelle souligne le fait que la mise en série sert de référence en vue d’analyse d’une image. François Lissarrague, lui, appuie sur la réception de corpus constitués. Ils diffèrent d’une mise en série car ils sont pensés, organisés et répondent à une catégorisation répondant à des pistes d’étude spécifiques. Pour Gilles Sauron, nous pouvons reprendre sa comparaison chimique, où la mise en série, elle, recontextualise une image parmi ses semblables…
Luca Giuliani interroge sur l’ancrage d’une image dans un groupe, et son insertion peut servir alors de révélateur pour d’autres sujets dudit groupe.
Luca Cerchiai lui insiste sur comment l’analyse et les angles d’étude d’une œuvre dépend de la série dans laquelle elle s’inscrit dans le sens où, le corpus, lui-même constitué selon certaines lignes directrices, indique et guide l’étude du chercheur par l’influence que cela engendre. La singularité se révèle par l’insertion dans le groupe.
Martine Denoyelle
“La mise en série me semble être une idée de base de l'analyse de l'image. Quelle qu'elle soit: une scène, une représentation, une composition. Il n'existe pas d'image sur laquelle tu puisses dire quoique ce soit si tu ne la mets pas en série”.
La mise en série des images c'est ce qui peut dégager tout ce que l'apport des études de ces dernières années -Moret et autres- a montré, sur le sens de l'image, sur la façon dont elle est conçue, pour moi c'est un passage obligé, maintenant: la mise en série. 2.4.1
François Lissarrague
“ [ ses expériences avec les catalogues d’images sont] Diverses. C’est compliqué. J’ai travaillé avant le LIMC, pendant et après. Ma maîtrise, qui portait sur des thèmes mythologiques, relevait d’une sorte de proto-limc; c'est-à-dire que j'ai pris des thèmes mythologiques et j'ai fait des recherches qui sont aujourd'hui complètement inutiles, maintenant que le Limc existe […] Quand le Limc a commencé à paraître, on était absolument hostiles, théoriquement, sur l'idée que ce n'était pas parce qu'on avait mis bout à bout toutes les images en les nommant, personnage par personnage qu'on avait compris quelque chose.” 2.1.3
“ [...] Il ne faut pas noyer toutes les images, les absorber dans des séries auxquelles elles n'appartiennent parfois que très partiellement. J'utilise cette comparaison chimique : la mise en série, au lieu de faire office de révélateur, peut devenir un solvant.” 2.1.3
Luca Giuliani
“Sono inumerevoli le possibilità di costruire dei gruppi, ma ogni gruppo serve a capire quello che quest’immagine che noi stiamo tratttando fa, perché l’immagine sceglie determinate soluzioni e altre no, e all’interno di un gruppo. Senza il gruppo non riusciamo a capire quello che l’immagine fa.” 3.2.2
Luca Cerchiai
“Se si considera una serie iconografica come un corpus consistente in un sistema ricostruibile di relazioni, essa può essere trattata secondo l’approccio di tipo semiologico proprio della linguistica strutturale: il significato scaturisce da una corretta valutazione delle regole di relazione.” 2.3.2
“Par définition, une seule image ne peut s'insérer dans une série, mais sa spécificité naît justement de l'écart qui accentue l'éloignement d'une série : concrètement, l'écart se traduit par une solution iconographique originale qui marque le sens.” 2.3.3