Le terme de "vérité" renvoie à une opinion conforme à ce qui est, et elle est surtout opposée à l’erreur. Ainsi la « vérité » correspond à une espèce de norme partagée par tous, ou bien à une certitude que quelqu’un peut avoir. Bien souvent, nous entendons parler de « la Vérité » ou bien « des vérités ». De fait, même si la vérité peut être une sorte de norme, il n’en est pas moins que celle-ci peut aussi être individuelle. Si nous suivons Luigi Pirandello, alors faudrait-il dire à chacun sa vérité ? Définir la vérité n’est donc pas aussi simple qu’on pourrait le croire. En effet, lorsqu’elle est associée à d’autres termes, alors la vérité peut renvoyer à « la véracité » ou à l'aspect « véritable » d’un travail. C’est par exemple le cas pour « la vérité de l’histoire » qui renvoie à la qualité du travail des historiens et à la fiabilité de leurs sources. C’est d’ailleurs en grande partie cette définition qui nous intéresse ici.

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1.1. La recherche de la vérité : une définition générale

Renaud Robert, Gilles Sauron et Luca Cerchiai s’interrogent sur le terme de « vérité » et sur ce qu’il signifie pour eux en tant que chercheurs. Leurs avis semblent converger car ils associent ce terme à la pratique de la recherche. Ainsi, la « vérité objective » existerait seulement en tant que but vers lequel tendre. Elle motiverait les chercheurs à approfondir et affiner leurs analyses ainsi qu’à partager leurs interprétations.

1.2. La recherche de la vérité : des vérités construites

Au regard du caractère intangible et insaisissable de la vérité, les chercheurs préfèrent parler de la recherche de cette dernière. François Lissarrague estime qu’il faut travailler à la faire apparaître et voit cette recherche comme une construction. Jas Elsner pense que cette recherche aboutit nécessairement à l’interprétation d’un fait historique, qui peut être relié à notre monde contemporain. Luca Cerchiai met en garde contre ce terme de « vérité », car selon lui cette notion est trop vague et il est préférable de décrire un fait historique selon des paramètres définis au préalable. 

2.1. Qu’apporte une image à un historien ? A quel point un fait est-il « vrai » ?

John Boardman nous met face à notre responsabilité lorsque l’on observe une image : est-ce qu’on est familier avec son contexte social et historique ? Ces facteurs sont déterminants pour établir le « degré de vérité » de l’image, car ils permettent d’établir des liens entre les images et de les mettre en perspective avec d’autres corpus. Jas Elsner nous rappelle que les images sont des supports pour étudier une façon dont la « vérité » a déjà été interprétée par les artistes précédents et que c’est précisément la manière dont cette réalité a été propagée, exprimée, expérimentée qui l’intéresse. Ainsi, il rappelle que la dimension visuelle d’une image comporte des limites que le langage, lui, est en mesure de dépasser grâce à son dispositif de règles rhétoriques et épistémologiques assez logiques. 

2.2. Qu’apporte une image à un historien ? Les méthodes d’interprétation

Une image peut être interprétée de multiples manières. En fonction du domaine d’expertise de l’interprète, les techniques et les approches varient. Comme le propose Renaud Robert, un archéologue n’aura pas la même utilité d’une comparaison historique avec une image, qui n’est plus, qu’un simple historien de l’art par exemple. Il faut également se méfier de la « vérité historique », c’est-à-dire de l’interprétation élevée au rang de vérité. De fait, d’après Jas Elsner, nous ne pouvons proposer qu’un cadre d’interprétation, cadre dans lequel peut se trouver une part de vérité, mais rien n’est jamais certain. 

3.1. Les difficultés rencontrées : la diversité des interprétations

Prise hors contexte, une image peut avoir un tout autre sens que si elle était placée dans son contexte originel. Selon Gilles Sauron, donner du sens à une image unique serait « entrer dans une logique de composition » c’est-à-dire faire des suppositions et des théories. De plus, selon Jas Elsner, il ne suffit pas d’analyser une image pour en comprendre le sens, il faut aussi essayer de se mettre à la place de l’auteur et essayer de définir ce qu’il a essayé de partager. Ainsi, il faut donc prêter une grande attention au contexte dans lequel a été réalisée l’image mais également à l’auteur de l’image afin d’éviter les contresens, les interprétations erronées ou les oublis liés au manque de contexte.

3.2. Les difficultés rencontrées : les subtilités de l’interprétation ou la recherche de cohérence

L’interprétation est un travail subtil qui demande d’être clair et précis, dans la méthode, mais aussi dans ce que l’on avance. D’après Gilles Sauron, il faudrait donc aller au plus simple et au plus limpide pour espérer proposer une interprétation juste. Également, en plus de la recherche de simplicité et de clarté, il faut s’attacher à montrer une certaine cohérence entre son interprétation, le sujet qu’elle concerne et le champ de la recherche duquel elle dépend. Ainsi, selon Jas Elsner, certains sujets ne peuvent avoir de sens que lorsqu’ils sont mis en perspective avec l’histoire nationale du pays de l’interprète. 

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