Erwin Panofsky (1892 - 1968) était un historien et théoricien de l’art de nationalité allemande. S’intéressant à l’image, il a conçu dans ses travaux une nouvelle approche de son interprétation et en a élaboré des concepts de lecture, qui restent une référence pour les chercheurs en histoire de l’art et sont toujours enseignés dans les disciplines traitant de l’image. Parmi ses suggestions méthodologiques, les trois niveaux de signification de l’œuvre figurée proposés dans Studies in Iconology (1939) ont été largement intégrés dans les travaux des antiquisants sur l’image. Le premier niveau consiste en la reconnaissance des objets, formes et motifs composant l’image. À partir de ces données, le deuxième niveau d’interprétation - iconographique - permet l’identification des thèmes représentés. Enfin, le troisième niveau, également désigné comme l’approche iconologique, situe la signification de la représentation iconographique au sein de sa culture d’origine, c’est-à-dire son contexte historique. Les méthodes théorisées par Erwin Panofsky ont eu leur succès auprès des chercheurs sur l’image antique, bien qu’elles fassent l’objet de discussion sur leur pertinence.

Commentaires (0)

Les commentaires sur ce sujet ne sont plus acceptés.
1.1. Un auteur fondamental, qui figure parmi les premières lectures

Les travaux d’Erwin Panofsky figurent parmi les premières lectures des chercheurs interviewés durant leur apprentissage. Studies in Iconology (1939) et Meaning in the Visual Arts (1955) font office de lectures de base pour un expert de l’image.

1.2. Un auteur fondamental. L’assimilation de ses méthodes par les chercheurs

Les méthodes d’Erwin Panofsky sont à l’origine des approches utilisées par les chercheurs interviewés. À l’instar de Paul Cartledge, la plupart se revendiquent comme des spécialistes d’iconologie, adoptant ainsi la segmentation entre iconographie et iconologie dans leurs lectures de l’image.

2.1. L’approche iconologique. Conception et explication

Si Erwin Panofsky avait formellement énoncé la méthodologie de la distinction entre iconographie et iconologie, les chercheurs interviewés ont une conception de l’iconologie qui peut leur être propre. Pour Martine Denoyelle, l’iconologie relève d’une interprétation théorique de l’image, une approche élargie de l’iconographie, qui quant à elle, reste une approche plus pratique, utilisée en premier lieu. De même, Luca Cerchiai déclare que l’iconologie est une forme de discours résultant de l’identification du sujet iconographique.

2.2. L’approche iconologique. La pertinence et la nécessité de l’iconologie

L’approche iconologique accompagne l’approche iconographique. L’iconographie n’est qu’une première étape qui doit mener à l’iconologie comme le révèle Françoise Frontisi-Ducroux. Sans elle, l’analyse de l’image se révèle incomplète. Pour Luca Cerchiai, la distinction entre iconographie et iconologie est également un moyen de mieux communiquer, entre une interprétation provenant de l’expérience personnelle et la déclaration des niveaux d’analyse. Finalement pour Paolo Moreno, l’iconologie serait la conclusion du processus culturel de l’image dont l’approche demeure une partie intégrante.

3.1. Débats méthodologiques. L’iconologie, une approche limitée

L’approche « panofskienne » se révèle limitée selon certains auteurs qui, en même temps,  remettent en cause son utilité. Selon Renaud Robert, l’iconologie exclue toute considération historique et anthropologique empêchant une réflexion d’histoire de l’art. Pour d’autres chercheurs, l’iconologie demeure une notion abstraite. Luca Giuliani la trouve peu concluante alors que Jas Elsner n’en comprend ni l’objectif ni le sens, reprenant la comparaison que faisait déjà Panofsky entre iconographie-iconologie et astronomie-astrologie. Pour Pascale Linant de Bellefonds, la distinction entre iconographie et iconologie est dépassée, les deux vont de pair. Enfin, François Lissarrague partage ces avis et ajoute que l’iconologie cloisonne l’analyse de l’image alors que sa lecture est un va-et-vient perpétuel entre identification et interprétation.

3.2. Débats méthodologiques. Les méthodes théoriques en histoire de l’art, un concept dépassé ?

Au début du XXIe siècle, les méthodologies de lecture des images semblent être révolues, c’est ce qu’il ressort des réponses aux questions sur la nécessité d’une méthode de lecture des images (4.2. Est-il souhaitable/possible d’élaborer une méthode de lecture de l’image ?). Pour Gilles Sauron, appliquer une méthode de lecture contemporaine à une œuvre d’art plus ancienne est inadaptée. Pour d’autres chercheurs, notamment Marie-Christine Villanueva-Puig et Luca Giuliani, l’étude de l’image s’effectue grâce une approche plus personnelle, voire « artisanale ». Renaud Robert va plus loin en se méfiant des démarches méthodologiques et de leur essence déterministe en leur préférant une démarche critique.

Commentaires (0)

Les commentaires sur ce sujet ne sont plus acceptés.
logo de l'université de Tours

Université de Tours - 60 rue du Plat d'Etain - 37020 Tours cedex 1