L’interprétation c’est l’action d’expliquer une œuvre, de lui donner un sens. En histoire de l’art différentes approches de l’interprétation ont été élaborées. Ainsi, Erwin Panofsky oppose interprétation iconographique et iconologique. Il considère que l’interprétation iconographique identifie le thème conventionnel, alors que l’interprétation iconologique aborde le sens profond de l’image, comme expression d’une conception du monde et d’une philosophie. Il donne de l’importance au contexte et au texte pour interpréter l’image. Une autre approche de l’image est celle de l’herméneutique qui va au-delà du sens premier et que l’ouvrage de Carl Robert développe pour l'Antiquité : Archaeologische Hermeneutik : Anleitung zur Deutung klassischer Bildwerke. Ce livre écrit en 1919 est évoqué par plusieurs chercheurs. 

Dans les interviews, les chercheurs n’ont pas tous la même vision de l’interprétation et de son importance. Effectivement, certains, comme Gilles Sauron, pensent que chaque document historique nécessite une interprétation pour pouvoir la comprendre : il faut considérer son organisation, connaitre son contexte historique, son commanditaire, sa fonction ou encore son utilisation. D’autres estiment qu’il est primordial de faire des comparaisons iconographiques pour interpréter une œuvre et s’assurer de son authenticité. Ainsi, l’image est le produit de l’histoire et construit une réalité. Enfin, certains chercheurs suggèrent qu’il n’y a pas de distinction entre description et interprétation. Cette dernière est subjective car elle dépend de l’œil humain et ne délivre pas une réalité. 

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1.1. Comprendre l’organisation de l’image et avoir des connaissances pour l’interpréter.

L’interprétation est une conclusion qui doit être précédée de toute une série d’étapes différentes selon les auteurs : une description selon Françoise Frontisi-Ducroux et une compréhension de l’organisation et de la structure de l’image d’après John North. Pour interpréter une œuvre, John Boardman prend en compte le contexte historique, le commanditaire, la fonction ou encore l’utilisation de l’image.

1.2. La comparaison iconographique est nécessaire pour interpréter.

Pour analyser une image il faut utiliser la méthode de la mise en série, c’est-à-dire faire des comparaisons iconographiques. L’interprétation change au fil des années car les chercheurs ont acquis plus de connaissances au fil du temps, comme l’indique Gilles Sauron. 

2.1. Il n’y a pas de distinction entre description et interprétation.

L’interprétation et la description ne sont pas séparables. François Lissarrague s’oppose à la définition d’Erwin Panofsky en se référant à Ernst Gombrich qui montre l’importance de la subjectivité dans tous les processus cognitifs liés au regard. En effet, dès que l’on décrit on interprète car la description est différente selon les individus. On ne peut donc séparer description et interprétation. Renaud Robert considère aussi qu’en décrivant on interprète car les deux sont liées à l’œil humain. Donc, la description et l’interprétation peuvent varier en fonction des conditions dans lesquelles a lieu l’analyse iconographique. 

2.2. L’interprétation est subjective donc elle ne délivre pas une vérité.

L’interprétation est inutile car elle subjective : elle ne donne aucune information sur l’image. L’interprétation dépend de l’œil de l’humain. En ce sens l’interprétation peut être contredite puisque l’œil humain n’est pas innocent d’après Jas Elsner. L’interprétation dépend de notre culture selon Angela Pontrandolfo. Même avec la volonté d’interpréter de manière objective il y a toujours une part subjective car l’interprétation fait appel à ses outils culturels.

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