Notion recouvrant de nombreuses acceptions et mêlant différentes disciplines comme l’art, l’histoire, la physique et la chimie, la couleur se définit aujourd’hui comme une sensation produite par les radiations lumineuses sur l’œil.

L’omniprésence de la couleur tant dans le monde que dans notre vocabulaire nous montre son importance et l’intérêt que l’homme lui a très tôt porté. Michel Pastoureau, par exemple, est un chercheur spécialisé dans l'histoire et la symbolique des couleurs dans le domaine culturel. Tout d’abord, les chercheurs se sont penchés sur son utilisation, artistique ou non, par le biais de pigments et de colorants ; Kassia St Clair, historienne et experte, a beaucoup écrit sur ce sujet ; mais aussi par la recherche et valorisation de matériaux naturellement colorés comme les pierres et métaux précieux. Puis, de nombreuses réflexions ont été menées sur les couleurs, depuis Aristote, Platon, l’école de Théophraste ou encore Pline l’Ancien, jusqu’à l’approche physique de Newton ou bien celle de Goethe, pour n’en citer que quelques-uns, et ce afin d’en définir la nature, les théoriser et établir une classification, encore débattue aujourd’hui par les artistes tel que Yves Charnay, les historiens d'arts comme Hélène de Givry et les ingénieurs-chimistes comme Maurice Déribéré.

Les couleurs, aussi nommées « polychromies », appliquées sur les œuvres anciennes peuvent avoir disparu ou ne plus apparaître telles qu'elles étaient à l’époque de leur création. Ce fait, longtemps ignoré, est maintenant connu du plus grand nombre ; on songe au mythe réfuté, rappelé récemment par P. Jockey, de la « Grèce blanche » ; mais continue de compliquer le travail des chercheurs qui doivent recourir à divers outils pour parer au vieillissement de la couleur dans leur travail. En effet, la question de la couleur ne concerne pas seulement celles des œuvres étudiées, ainsi que leur perception, mais aussi leurs diverses reproductions et plus généralement l’édition à travers des dessins, aquarelles, photographies, logiciels, etc.

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1.1. Révéler les couleurs antiques : la couleur comme objet d’étude

Nombreux sont les auteurs qui considèrent la couleur comme un élément essentiel de l’étude des œuvres antiques, tels que Paolo Moreno et Marie-Christine Villanueva-Puig. Pour Mary Beard, cette attention fait partie de son approche pédagogique, tandis que pour Ida Baldassare son intérêt  se porte sur la technique de la description. Elle permet d’accéder à la mentalité des Anciens et relève de l’étude des émotions.

1.2. L’étude de la couleur antique : difficultés et solutions

D'après Paolo Moreno, les difficultés à aborder le coloris des images étudiées sont certaines pour l’Antiquité. Il est ainsi important de conserver, sinon de documenter les couleurs antiques. Pour cela, les chercheurs citent divers médiums qui peuvent être utilisés comme la photographie, le dessin ou des logiciels informatiques mais tous n’y sont pas favorables, comme Marie-Christine Villanueva-Puig, ou les trouvent inutiles, tel que John Boardman.

2.1. Le débat sur l’utilité de la couleur dans la reproduction des œuvres

Les historiens de l’art ont longtemps été habitués à travailler sur des reproductions en noir et blanc. Si certains auteurs, comme Luca Giuliani et Luca Cerchai, continuent à préférer ce type de reproduction notamment en ce qui concerne l’étude iconographique, d'autres, comme Pascale Linant de Bellefonds, Paul Cartledge et Paolo Moreno, soutiennent que c’est le type d’œuvres qui détermine le choix en couleur ou non de la reproduction. Cependant, la plupart des chercheurs préfèrent la couleur qui est alors perçue comme indispensable à l’étude de l’image antique.

2.2. L’édition en couleur

La couleur peut être privilégiée par les maisons d’édition pour leurs publications car elle revêt une importance commerciale ; comme l'indiquent Paolo Moreno et François Lissarrague, elle permet d’attirer un plus large public. Or les images en couleur augmentent les coûts d’impression et le choix peut être fait par les éditeurs d’utiliser principalement le noir et blanc pour des raisons économiques. Ce qui contraint les auteurs qui privilégient les reproductions en couleur tels que Renaud Robert, Françoise Frontisi-Ducroux et Ida Baldassarre. Ils ne peuvent pas toujours obtenir leurs exigences quant aux illustrations en ce qui concerne la qualité, la lisibilité, la fidélité à l’œuvre originale et doivent parfois batailler ou bien revoir leurs attentes en fonction des situations.

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