De nos jours, le terme d’apprentissage renvoie en premier lieu à une formation effectuée dans le but d’acquérir une qualification pour un métier, de se former à une activité professionnelle. L’apprentissage est plus communément lié à la figure de l’enseignant, auquel revient la mission de conduire l’initiation, en faisant souvent écho à son chemin personnel. En l’absence ou en complément de l’action de ce modèle, la mission de formation peut être remplie grâce à des supports didactiques amenant à l'enrichissement du savoir et des connaissances. Enfin, une approche plus pratique de la formation, favorisant la stimulation des sens, par le fait d’offrir un contact direct avec l’objet de l’apprentissage, est une autre des possibilités.

C’est selon cet enchaînement des différentes perceptions de la notion apprentissage que seront mis en lumière les témoignages des chercheurs interviewés autour de cette notion. Ainsi, une première partie sera dédiée à l’acquisition du savoir: essentiel à toute réussite, il est transmis par l’enseignant, d’abord sous une forme purement théorique puis à travers une approche plus pratique. Une seconde partie révélera les possibilités offertes à l’étudiant de se former de manière autonome, parfois sur le terrain. Enfin, une troisième partie mettra l’accent sur le développement de l’un des cinq sens, la vue, essentielle à tout travail sur l’image. 

 

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1.1 - Nécessité d’un bagage pluridisciplinaire, pour la recherche et l’enseignement.

Si le processus d’apprentissage peut être plus ou moins spécialisé en fonction des domaines de formation, ici tous les interviewés s’accordent sur la nécessité de développer des savoirs académiques fondamentaux pour la recherche et la maîtrise de la lecture de l’image. Il apparaît donc crucial aux spécialistes, placés d’abord en position d’apprenants et ensuite d’enseignants, que les étudiants soient dotés de ce bagage de connaissances. L’apprentissage des langues anciennes apparaît dans ce cadre incontournable, tout comme l’histoire dans laquelle s’insèrent les images.

1.2 - Être enseignant et accompagner les étudiants dans une démarche d’apprentissage pratique. 

Parlant ici en position d’enseignants, les interviewés semblent concorder sur le fait qu’il n’y ait pas vraiment de formation théorique à l’iconographie mais insistent plutôt sur l’importance de guider les étudiants vers la subjectivité, de les accompagner dans l’apprentissage du regard tout en les stimulant à développer leur esprit d’analyse. Pour cela par exemple, Donna Kurtz et Paolo Moreno expliquent pousser les étudiants à passer par la description de l’objet et le dessin pour arriver à une meilleure compréhension de l’image. Certains interviewés évoquent aussi les limites et difficultés rencontrées en tant que professeurs, notamment le manque de temps pour arriver à cet apprentissage complexe.

1.3 - Un constat : le manque de connaissances des étudiants.

Si on a jusqu’à maintenant pu voir la nécessité d’un bagage pluridisciplinaire pour une approche pertinente dans la lecture de l’image, ici Pascale Linant de Bellefonds témoignage d’après son expérience personnelle de la difficulté rencontrée, tant pour elle, en position d’enseignante, que pour les étudiants, lorsque l’absence de prérequis est un obstacle à la formation.

2.1. Un apprentissage personnel : de nouvelles approches pour s’ouvrir à la lecture de l’image

Ayant vu dans un premier temps combien est indispensable un certain nombre de connaissances et de compétences dans différents domaines pour arriver à la lecture de l’image (latin, grec, histoire antique, littérature classique), ici les spécialistes interviewés évoquent un autre aspect de l'enseignement : la place fondamentale de l’apprentissage personnel dans leurs parcours. En effet, tous sont passés par des formes d’apprentissage autonome : lectures, enrichissement par l’échange et la discussion des points de vues, confrontation aux images et aux monuments hors du cadre universitaire, etc. Ils évoquent ici leurs formations autodidactes et l’importance cruciale de celle-ci pour tous les étudiants.

2.2 - Un apprentissage personnel : se confronter aux images en dehors du milieu académique.

Après avoir évoqué leurs parcours autodidactes dans la part d’apprentissage théorique pour une meilleure maîtrise dans la lecture des images, les spécialistes interviewés sont unanimes quant à l’importance fondamentale d’une démarche personnelle, en dehors du cadre académique, de confrontation aux images. Certains reviennent ici sur les différents contextes dans lesquels ils ont été amenés à apprendre à regarder grâce à la multiplicité et à la diversité des images auxquelles ils étaient confrontés.

3.1 - Compléter la lecture par le regard.

La réaction des interviewés est sans équivoque quant à l’absolue nécessité de se confronter, par le regard direct, à l’objet sur lequel porte la recherche. En effet, tout en déplorant la difficulté de sensibiliser leur auditoire à la pratique de l’observation, les enseignants-chercheurs le certifient : négliger cette étape ne permet pas de s’inscrire dans une démarche active et autonome et de s’émanciper de la pensée d’autrui.

3.2 - Apprendre à regarder : sens et démarche.

Cet incontournable exercice du regard venant d’être défini comme objectif capital, sont exposées ici différentes approches des interviewés, permettant de l’atteindre. Une fois encore, le caractère délicat de cette tâche d’observation est mis en lumière. En effet, les spécialistes se gardent bien de proposer un mode d’emploi qu’il suffirait d’appliquer. Toutefois, au travers de multiples méthodes répétées figurent à la clé la compréhension de l’image et l’éclaircissement de la pensée.

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