Une série est « un ensemble d'objets de même nature, généralement rangés dans un certain ordre ou réunis par rapport à un certain critère » (dictionnaire Larousse). Elle diffère du corpus, dans la mesure où, les objets du corpus sont réunis en fonction d’un critère fixe, lié à la typologie de l’œuvre : « Un recueil de documents relatifs à une discipline, réunis en vue de leur conservation. Exemple :  Corpus des inscriptions grecques » (dictionnaire Larousse). La plupart des chercheurs en histoire de l’art antique et/ou en archéologie utilise la mise en série pour analyser une image.

Constituer des séries pour analyser les images fait partie du travail de l’iconographe, comme l’évoquait de manière programmatique Eduard Gerhard en 1830 : « Monumentorum artis , qui unum uidit nullum uidit, qui milia uidit, unum uidit » [Concernant les monuments d’arts, qui en a vu un, n’en comprend aucun, qui en a vu mille, en comprend un]. C’est en faisant des rapprochements avec d’autres images que des critères communs vont être soulevés et permettre de relever de nouvelles informations sur l’objet étudié.

Se pose alors le problème de l’image unique ou hapax (mot grec signifiant une oeuvre unique qu’on ne peut pas placer dans une série) qui fait débat au sein des chercheurs. En effet pour certains, l’hapax ne peut être étudié ; il est pour d’autres inexistant, intéressant ou il peut également donner un indice sur le fait que l’objet est un faux.

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1. Définir la série par rapport au corpus

Les chercheurs définissent la série par rapport au corpus. Ce dernier peut présenter une gamme d’objets très large et variée. Un des aspects du travail en iconographie est de pouvoir regrouper certaines images sous un même critère. C’est ce qu’on appelle la « mise en série ». Selon R. Robert, le corpus d’image ne peut être utile et compris que s’il se comprend en série.

2. Construire la série : les critères communs

Pour analyser une image, la plupart des spécialistes de l’iconographie se servent d’autres images qui ont un ou plusieurs critères communs avec l’objet d’étude. Ceci va permettre de soulever des éléments de réflexion et de compréhension sur l’image. F. Lissarrague explique d’ailleurs qu’on peut placer une image dans plusieurs séries, en soulevant des critères communs avec d’autres séries, d’autres images.

3. La série permet l’analyse de l’image (en opposition à l’image l’unique)

Si la mise en série permet d’analyser l’image, la question se pose de savoir comment étudier une image qui n’entre dans aucune série. C’est ce que l’on appelle un « hapax » ou « image unique ». La plupart des chercheurs explique qu’il faut se méfier de l’image unique, d’autres comme R. Robert pense qu’elle n’existe pas.

4. Un outil secondaire pour certains, ayant ses limites.

Selon certains chercheurs, la mise en série n’est pas le premier outil pour analyser une image. Il faut avant tout bien connaître la période dans laquelle s’inscrit l’objet selon Donna Kurtz. Selon John Boardman, connaître l'artiste, son style, ses oeuvres est également important. La mise en série comporte ses limites comme l’explique Gilles Sauron, il ne faut pas « noyer l’image dans des séries ».

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