Dans ses Essais de 1588, Montaigne définit le spectateur comme “celui qui assiste à une action, par opposition à celui qui la fait”. D’après le CNRTL, le spectateur est « celui ou celle qui regarde, qui contemple un événement, un incident, le déroulement d'une action dont il est le témoin oculaire ». Il peut être aussi « celui, celle qui assiste à une représentation artistique, récréative, à une manifestation sportive, à une cérémonie ». Ou encore « celui, celle qui regarde, qui examine une œuvre d'art. »

À cette notion de spectateur, nous pouvons également ajouter celle de regard, celle de la vision, de la perception et du public.

Les chercheurs interviewés nous exposent ici leur rapport personnel à l’image et comment ils s’en servent dans leurs recherches personnelles.

 

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1.1. Différents spectateurs : les spectateurs novices ou initiés

À travers ces diverses citations, nous pouvons constater une distinction entre différents spectateurs, ils peuvent être novices (grand public) ou initiés (scientifiques). Les images seront appréhendées de différentes manières en fonction de la différence de regard, de la connaissance du sujet et de la culture du spectateur, tous ces éléments étant subjectifs.

1.2. Différents spectateurs : spectateur sans filtre, question de l’objectivité

Dans ces citations, il est question d’une certaine neutralité du regard, une objectivité qui semble essentielle pour certains chercheurs comme Pascal Linant de Belfonds mais impossible pour d’autres comme Martine Denoyelle. La notion d’objectivité est centrale dans le propos des interviewés mais leur interprétation est différente.

2.1. Spectateur comme consommateur de l'image : les questionnements

Le spectateur comme consommateur induirait que l’observation d’un nombre abondant d'images, sans particulière attention à l’image individuellement, pourrait mener à la perte du sens de cette dernière.  Là où Martine Denoyelle fait une distinction entre les consommateurs actifs, ceux qui décryptent, et les consommateurs passifs qui se contentent d’observer, d’autres comme Luca Giuliani, estime que ce mot ne doit pas être employé car ne correspond pas à l’étude des images, qu’il ne faut pas être des ‘succubes’ des images que l’on regarde.

2.2. Spectateur comme consommateur de l'image : plaisir du spectateur

La notion de spectateur est ici à de nombreuses reprises associée à la notion de plaisir ou au verbe aimer. Notamment quand il est question des œuvres ou des musées comme pour Renaud Robert. Marie-Christine Villanueva Puig parle quant à elle de “fascination”. 

 

3.1. Spectateur au regard scientifique : l’importance de la vision directe de l’œuvre étudiée

La vision directe est importante pour les chercheurs en histoire de l’art. Pour Martine Denoyelle, il est important de pouvoir voir les œuvres étudiées dans leur matérialité, pour François Lissarrague également. Le problème est la difficulté d’accès à ces œuvres, il est donc parfois nécessaire de recourir à la photographie afin de pouvoir voir l'œuvre malgré la distance.

3.2. Spectateur au regard scientifique : une analyse globale de l’œuvre

L’analyse globale de l'œuvre est en lien avec la vision directe. En effet, elle permet de pouvoir voir l’objet plus précisément, de voir les détails que l’on ne peut pas voir sur une reproduction, de pouvoir avoir une rapport physique avec l'œuvre et in-fine de pouvoir analyser l’œuvre dans sa globalité.

4.1. Le regard du spectateur de l'époque : modifier sa propre perception

Afin de comprendre les images et les œuvres de l’antiquité, il est obligatoire d’oublier notre regard contemporain et d’essayer au plus de replacer les images dans leur contexte. Selon John Boardman, il faut se mettre à la place du spectateur de l’époque ou de l’artiste qui a créé l'œuvre, pourquoi a-t-il fait cela ? 

Il semble aussi important de “modifier sa mémoire et son regard” dès que l’on regarde une œuvre selon Gilles Sauron.

 

4.2. Le regard du spectateur de l'époque : adopter le regard du spectateur de l’époque

Avant de modifier sa perception, il est avant tout nécessaire de comprendre le regard des spectateurs de l’époque. Il est également important de pouvoir comprendre et d’étudier le contexte en même temps que l'œuvre afin d’être au plus proche du public de l’époque concernée.

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