Le terme « sculpture » vient du latin sculpere, qui signifie « tailler, enlever des morceaux de pierres ». Ce terme apparaît dès l’Antiquité pour désigner un travail ou une œuvre en trois dimensions ; jouant ainsi avec l’espace qu’elle occupe. Décorative, funéraire, de culte, ou encore honorifique, la sculpture entretient un lien étroit avec la production artistique de toutes les époques, de l’architecture en passant par la peinture. L’utilisation de plusieurs matériaux est possible : terre cuite, bois, pierres (calcaires et marbres), métaux (bronze et métaux précieux), organiques (ivoire). Le façonnage d’une sculpture varie selon le matériau utilisé car chacun d’eux nécessite un traitement particulier : taille, fonte, moulage ainsi que les techniques composites. 

 

Ce rapport à l’espace est l’un des enjeux principaux de la sculpture soulevé par les chercheurs lors des interviews. En particulier l’espace physique, notamment le contexte d’exposition (antique et contemporain), mais également la manière dont ces images vont être diffusées et reproduites sous forme de photographie. De plus, la sculpture peut faire l’objet de productions en série, offrant ainsi un véritable catalogue d'évolution stylistique et iconographique, afin de mieux appréhender les images.

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1.1- La sculpture en contexte : replacer la sculpture dans son contexte architectural/urbain

Une part essentielle de l’analyse et de l’interprétation d’une œuvre sculptée réside dans sa remise en contexte. Souvent insérée dans un décor, une architecture ou encore un espace urbain, l’essence même de la sculpture peut perdre sa nature si on la considère comme un élément isolé. Afin de replacer l'objet sculpté au sein de l'ensemble dont il a fait partie, les chercheurs exploitent les archives et les recherches archéologiques.

1.2 - La sculpture en contexte : comment les contemporains percevaient leurs images

La lecture d’une image sculptée antique ne peut se réaliser qu’en se plaçant du point de vue des contemporains. Là où l’espace physique ne peut être nié, la perception de l’époque reste néanmoins une notion indispensable à l'appréhension de ces images. John North soulève les problèmes de lectures contemporaines des images sculptées de l’Ara Pacis, là où Gilles Sauron met en garde sur l’ethnocentrisme dans la lecture des images.

1.3 - La sculpture en contexte : à l'ère des musées, comment exposer en contexte

À la suite de l’engouement muséologique des XIXe et XXe siècles, la question de l’exposition des œuvres sculptées devient un enjeu majeur dans l'appréhension de celles-ci. En effet, l’espace du musée s’apparente, la plupart du temps, à une vitrine d'œuvres antiques vierges de toute contextualisation, faussant alors la lecture des éléments. Giuliani soulève notamment les problèmes d’éclairage des œuvres, empêchant une lecture complète, là où John North s’interroge sur les lieux d'exposition et de conservation des sculptures antiques.

2.1 - Représenter la sculpture : sculpture et ses rendus colorés

La sculpture antique reste liée à la couleur. Si la plupart en ont perdu leur polychromie originelle, certaines en gardent tout de même trace. Sans la couleur, notre perception complète devient alors biaisée. De fait, cette question de la couleur est délicate pour les chercheurs qui doivent parfois l'envisager sans pouvoir la voir directement. Cette question se pose encore plus lorsque le chercheur ne perçoit une sculpture qu'à travers une photographie. Moreno et Cartledge ont tous les deux interrogé le rendu des bronzes antiques en photographie. Moreno parle de l'impossibilité de rendre la véritable couleur de l’objet sur n'importe quels clichés colorés, d’autant plus s’il possède une patine particulière liée au temps. À cela, Cartledge compléterait l’idée en assurant que le noir et blanc sont tout à fait suffisants pour comprendre la structure sans que l’image ne soit erronée par le rendu photographique en couleur. Linant de Bellefond rejoint son avis quant à l’utilisation du noir et blanc.

2.2 - Représenter la sculpture : sculpture et deux dimensions

La tridimensionnalité de la sculpture pose problème quant à sa transcription photographique. En effet, l’œuvre sculptée est faite pour être regardée sous différents points de vue afin d’en observer les effets de relief et de lumière. Cette contrainte d’angles de vue peut impliquer une multiplicité de clichés photographiques dans le but de tenter d’aborder l’œuvre dans son entièreté. Néanmoins, cette multiplicité connaît ses limites. Photographier une œuvre ou le détail d’une œuvre en l’isolant de son contexte peut en faire oublier sa globalité et donc fausser la compréhension d’après Paolo Moreno.

2.3 - Représenter la sculpture : questions autour de la matérialité

Afin d'étudier les œuvres sculptées, certains chercheurs recommandent de s’intéresser avant toute chose à son aspect matériel. C'est le cas de Donna Kurtz, qui encourage ses étudiants à travailler sur l'objet et sa technique, en s'écartant dans un premier temps de ce que l'iconographie pourrait représenter. 

Cette matérialité, pour d’autres chercheurs, se manifeste par le besoin de voir les œuvres physiquement pour rendre compte de leur monumentalité, tel Renaud Robert, ou bien encore de les manipuler comme Paul Cartledge. Tous deux questionnent le rapport physique face à ces œuvres.

3.1 - Sculpture en série : des modèles antiques aux reprises modernes

L'étude d'après des œuvres antiques est une part prééminente de la formation des artistes européens depuis les fondations des premières académies en Italie au XVIe siècle. En témoignent le nombre croissant des moulages, ainsi que des nombreux voyages d'artistes en Italie et en Grèce. Ainsi, des sculpteurs emploient les œuvres antiques comme des supports pour leur propre production artistique. De cette manière, Paul Cartledge qualifie le travail de Michel-Ange comme celui d’un historien de la sculpture grecque et romaine.

3.2 - Sculpture en série : la série comme outil d’analyse

La sculpture antique fait l'objet d'une production sérielle. La diffusion de certains modèles en Méditerranée amène les historiens de l’art à aborder une grille de lecture en série, notamment à l’aide de catalogues d’images. Si certaines images peuvent s'appréhender de manière isolée, les séries peuvent révéler une cohérence dans la production des images, notamment dans l'émergence d’un type particulier d’iconographie. De plus, les copies antiques permettent l’étude de sculptures disparues, soulevées notamment par Moreno à propos des bronzes du Pirée. L’analyse de la production en série permet également de relever les standards antiques comme le souligne Angela Pontrandolfo.

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