Le pouvoir, au sens premier du terme, signifie la capacité à accomplir un acte défini, et plus largement à exercer une domination sur un objet ou une personne, impliquant ainsi une contrainte. Dans le cadre de l’iconographie, l’image peut être considérée comme détentrice de pouvoir. Qu’il soit ainsi, politique, psychologique, sociologique, le matériel visuel fourni par l’image engage une interaction spécifique avec le spectateur. Contrairement au matériel textuel par exemple, le visuel invite plus facilement à l’émotion, et s’imprègne en conséquence presque automatiquement dans les mémoires. Le pouvoir de l’image revêt donc un aspect protéiforme et exerce ainsi une force de persuasion, de conviction, dépassant parfois celle du langage, c’est à cet instant précis qu’elle devient détentrice de tout pouvoir. Les chercheurs interviewés interrogent en premier lieu le pouvoir transcendant de l’image contemporaine, avant d’évoquer derechef ses biais de « transmission » et les risques qui lui incombent à l’aune d’une étude iconographique des mondes antiques.

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1. Le pouvoir contemporain des images

Au cœur d’une société où les mass media jouissent d’une omniprésence grandissante, les images foisonnent et le regard critique du spectateur encourt parfois le risque d’être annihilé, ce dernier étant volontairement dépourvu d’outils d’analyse.

2. L’image publicitaire et le pouvoir de manipulation

La rhétorique est inhérente au message publicitaire. C’est déjà ce que Roland Barthes analysait à plusieurs échelles, en tant que sémiologue, dans son ouvrage Mythologies, en 1957. Par l’emploi de l’image, la publicité exacerbe cette rhétorique, qui devient à la fois verbale et visuelle. Le spectateur, y accorde alors une attention particulière, chargée de sentiments, mais non sans danger, car son discernement est biaisé. Il devient objet de l’image. Les chercheurs interviewés reconnaissent alors que c’est la même rhétorique qu’on peut observer dans le fonctionnement des images antiques.

3. Instinctif, inconscient, le pouvoir transcendant de l’image sur la mémoire

Un des facteurs de puissance de l’image est sa capacité à se mouvoir rapidement dans les esprits. L’image se retient presque instantanément, au détriment du verbe.

4. Iconographie(s), mettre à distance les(s) pouvoir(s) d’une image

Le travail iconographique s’opère nécessairement par une « prise de distance » avec l’image. La méthode barthienne a su apporter en cela un certain renouveau, en attirant le regard sur les notions de signifiant et signifié, ce qui a ouvert le champ des possibles quant à la compréhension du sens de l’image, à tort ou à raison, notamment lorsque l’on a cherché à l’appliquer aux images antiques. Du fait de sa récente multiplication dans de nombreux domaines, il faut réussir et continuer, presque à la manière de l’archéologue, à voir l’image et décoder ses pouvoirs « couche par couche », afin d’éliminer les conclusions hâtives.

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