« Ce n'est pas la réflexion de l'artiste qui importe, mais celle de l'autre. Le peintre n'a qu'une vision des choses. Le tableau prend forme avec le spectateur. »

Cette citation de Markus Lüpertz ouvre la réflexion sur la lecture de l’image. En effet, c’est grâce à celui qui la regarde, qui l’étudie que l’image gagne en signification.

Dans le CNRTL, le terme lecture est défini comme « l’action de lire, de déchiffrer visuellement des signes graphiques qui traduisent le langage oral ». Cependant, la lecture d’image ne s’intéresse pas à la transcription d’un langage oral mais à une conception imaginée par l’artiste. On pourra, donc, concevoir la définition de la lecture d’image comme étant l’action de déchiffrer visuellement des signes graphiques qui traduisent la vision de l’artiste. En tant que production d’un artiste/artisan, l’image est en outre une représentation teintée d’une certaine subjectivité.

 La conception et la pratique de la lecture d’image ont été deux des thématiques les plus approfondies lors des différents entretiens. L’idée de créer une méthode pour la lecture d’image a été un passage obligé du questionnaire ; or cette idée a souvent été rejetée, la méthodologie étant considérée comme trop rigide et « aplatissante» (François Lissarrague, 4.3). Néanmoins, la démarche d’analyse et de lecture de l’image nécessite une recherche rigoureuse et scientifique ; pour plusieurs interviewés, la lecture d’image peut se rattacher à la sémiologie ; enfin l’impossibilité d’une lecture neutre de l’image est également perçue comme un obstacle par les chercheurs. 

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1. L'impossibilité de créer une méthode universelle

L’idée d’une méthode universelle a beaucoup interrogé les interviewés. Bien que son universalité soit envisageable par certains, pour d’autres elle est perçue comme simplificatrice. Il existe une méthode par objet et chaque méthode doit savoir s’adapter à l’image. D’autant plus qu’on voit cette méthode contrainte à une certaine évolution.

2.1. Le problème de l’image unique

Bien qu’il soit conscient de la difficulté, François Lissarrague manifeste néanmoins sa volonté de lire l’image avec la méthode de la mise en série. En revanche, Donna Kurtz et Renaud Robert privilégient le travail de l’image unique avant sa mise en série.

2.2. L’importance du contexte

On ne peut pas lire l’image sans contexte. Les chercheurs considèrent tous que le contexte est un élément clef au travers duquel l’image doit être lue. Gilles Sauron souligne qu’il existe plusieurs contextes auxquels l’image est confrontée.

2.3. Sémiotique : Lire une image comme on lit un texte

Quand bien même l’élaboration d’une méthode universelle reste complexe, certains favorisent une lecture d’image codifiée et grammaticale. Ainsi, pour déchiffrer l’image, les chercheurs ont recours à la sémiotique comme clé de lecture.

3. L’impossibilité d’une lecture neutre de l’image

Selon Pascale Linant de Bellefonds, il faudrait regarder l’image comme un enfant pour que sa lecture en soit la plus neutre possible. Notre regard est immédiatement imprégné par notre époque, nos apprentissages ainsi que notre subjectivité. C’est pourquoi la lecture d’image ne sera jamais complètement innocente, comme le dit Luca Giuliani.

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