Alors que les chercheurs interviewés sont tous des antiquisants et étudient des œuvres antiques, l’art contemporain est une référence qui revient naturellement et fréquemment dans leurs propos. Ils semblent donc se rattacher au monde actuel de la culture et du patrimoine qui accorde une place plus importante à l’art contemporain qu’aux arts anciens. L’art contemporain n’entre cependant pas uniquement dans un bagage culturel d’un milieu professionnel, social et intellectuel auquel ils appartiennent ; il a pour les chercheurs des vertus importantes pour étudier l’art antique.
Depuis leur plus jeune âge et grâce à leur entourage, les chercheurs ont été habitués à être confrontés à l’art contemporain.
François Lissarrague November 2002
« Je n’ai jamais fait d’histoire de l’art à l’université ; j’ai appris sur le tas, par des lectures comme tout le monde. Mais, là où j’ai appris le plus, c’est avec Claude Frontisi. En regardant Klee, en discutant sur des questions d’art contemporain. [Cela permet de replacer] les choses autrement. Toutes ces rencontres se cumulent en même temps. » 1.1.3
Jas Elsner December 2002
« I would go with my father every weekend to museums, including to Paris. For he had lived in Paris for ten years after the War. He showed me all the museums of Paris. He had lived the life of a great passionate artist in the avant-garde of the post war years of the late 40s and early 50s. This is one of his paintings in Japanese style. He was Cezanne ! The myth ! The pure perfect modernism. That was my main introduction to the world of images, from the passionate insider’s view of a particular artist. […] I took courses [à Harvard ?] with T. J. Clark, on French Impressionism, and in fact his terrific book on The Painting of Modern Life had just been published. » 1.1.1
Mary Beard December 2002
« Do I go to cinemas, art galleries, to see non-classical things ? Yes. [And to the] theatre [a lot]. Yes, I think images play a very large part in [my life]. » 1.2.2
Simon Price December 2002
« […] I’ve always been to art galleries ever since I was little and enjoyed looking and thinking about paintings. So for me that’s an important part of my intellectual and cultural formation. » 1.1.2
Question: Y a-t-il dans votre jeunesse un lien à des représentations, des images qui ait pu vous marquer ?
« Il y avait des images à la maison, mes parents avaient des reproductions de tableaux et on avait des livres d’art. On n’avait pas de culture musicienne mais il y avait des images, des reproductions d’images et puis je savais qu’il fallait aller dans les musées, regarder les tableaux. […] oui, je ne connaissais pas les vases grecs. [Mais je connaissais la] peinture classique, [les œuvres du] XIXe s., médiévale[s], classique[s], impressionniste[s]. […] Jusqu’à Picasso. Il y avait même André Fougeron. Fernand Léger aussi. J’étais habituée à voir ces choses-là. Mais c’était de la peinture contemporaine, du XXe s. » 1.1.3
L’appétence des chercheurs pour l’art contemporain s’affirme par la fréquentation de lieux spécifiquement dédiés à l’exposition de l’art contemporain actuel. À la suite de ces visites il peut également leur arriver d’acquérir des œuvres.
« Un’altra immagine di un altro sogno stupendo...ero andata a vedere Henry Moore. C’è stata una bellissima mostra a Firenze. Sono andata fino a Firenze per vederlo. Sono tornata a casa e ho sognato le statue di Moore in un panorama con la neve. La neve per me è sempre un’immagine molto bella no ? » 1.2.2
Simon Price December 2002
« I went Saturday to the Tracey Emin show in the Museum of Modern Art [New York], it was wonderful and exciting. »
Question: And can you say that you consume images, and how do you consume them ?
« In the occasion that we buy them…not Tracey Emin. » 1.2.2
John North December 2002
Question: Do you think that you could say that you are a consumer of images ?
« Yes I think so. It depends upon what you quite mean by “consumer,” but I go to exhibitions, I go to art galleries sometimes, I buy pictures a bit. I bought a picture by Katherine Webster, who is a young artist, and whom I think is terribly interesting and good. My one [picture] is round and black and white, it’s very spectacular. And if she becomes the most famous artist in the country, then… » 1.2.2
Malgré une spécialisation en iconographie antique certains des chercheurs interrogés évoquent sans hésiter un artiste ou une œuvre contemporaine plutôt que antique. Les notions de plaisir, esthétique et intellectuelle sont alors prépondérantes.
Luca Cerchiai
Question: À propos du rapport qu’ont les chercheurs avec la peinture :
« Naturalmente, come no. [ne pas avoir de rapport avec la peinture] Quadri… che posso dir[e] ? Dovessi fare un nome, direi Paul Klee. » 1.2.2
John North December 2002
Question: About the aesthetic pleasure of images :
« Yes, that sort of thing gives you a sort of pleasure, I mean I also take aesthetic pleasure in looking at these [images]. I’m not sure that they are the objects in the world that I would most choose to look at, and I expect that if you said that I was to have a pleasant afternoon and go and make me two paths, one of which led to a sort of collection of ancient sculpture and the other which led to Picasso, I’d say that I’d probably go and look at Picasso. » 1.2.4
« Ce ne sont pas les arts classiques qui m’ont attiré dans un premier temps. J’allais plus directement vers les Arts dits Premiers, vers l’art contemporain. Si j’avais les moyens, je n’aurais pas une collection d’antiquités grecques et romaines. J’achèterais, soit des Arts Premiers, soit de l’art contemporain, peut-être de la peinture classique mais sûrement pas de l’art antique. Mais je l’aime quand même. » 1.2.4
« Ho delle passioni, per esempio per Pericoli, forse voi non lo conoscete neanche. E’ un disegnatore Pericoli. Mi piace, la sua follia di disegnatore. […] ti faccio vedere Pericoli. Questo è Pericoli, guarda. E’ quello che ha fatto tutti i ritratti con tutte queste…a me piace moltissimo. » 1.1.2 ; 1.2.3
Question: Ma è proprio contemporaneo ?
« Sì, è ancora vivo. » 1.1.2 ; 1.2.3
Question: Di dov’è ?
« E’ di Ancona, vicino Ancona, è marchigiano. C’è stata una mostra sui suoi paesaggi e qualche volta, io ormai lo riconosco subito che ha un segno molto conosciuto, c’è una reclame delle coste vicino ad Ancona fatte da lui coi panorami della… » 1.1.2 ; 1.2.3
Pour Renaud Robert les divisions académiques sont un véritable problème ; il serait alors plus judicieux de travailler par périodes chronologiques. Se pose alors la question de la perception d’une œuvre à une époque donnée. Pour tous ces comparaisons anachroniques n’ont pas de sens. De plus, être peu ouvert d’esprit par rapport à la période contemporaine crée un véritable problème d’enfermement au sein d'une période et empêche donc d'avoir une vision globale de l’histoire de l’art. Il est alors primordial de mêler les références afin de se forger un regard critique.
« […] il ne faut absolument pas s’enfermer dans un corpus, dans une époque. Soit on est dans une époque, soit on est historien d’art, et on est censé connaître toute l’histoire de l’art, soit on ne l’est pas. C’est un problème de culture, il faut avoir une culture totale ; et l’art contemporain est absolument indispensable puisqu’à notre insu, il influe, il informe notre vision du monde, notre vision de l’image donc il faut avoir conscience de ces présupposés, et nos présupposés, ce sont les images contemporaines. C’est évident. » 4.1
« L’abord artistique de l’image a en revanche consisté à les singulariser, à ne pas se préoccuper de savoir dans quel contexte iconographique s’est inscrite l’image [afin de] la considérer comme une œuvre unique, comme n’importe quelle œuvre contemporaine : c’est perdre cette dimension-là. Tous les gens qui ont travaillé sur les corpus d’images ont très vite [saisi] qu’elles ne se comprenaient qu’en série. » 2.4.1
« La question à se poser est de savoir si c’est légitime de faire ce travail [de séries] systématiquement. Il me semble que, pour quelqu’un qui [réalise] un travail d’art contemporain ou d’esthétique, c’est une perspective très réductrice de toujours ramener l’objet de l'inconnu au connu. Cela lui fait perdre sa capacité d'émotion qu'il peut provoquer de nos jours parce que précisément il est relativement unique. » 2.4.3
« Nous ne sommes plus dépendants des références culturelles de la vieille Europe et nous pouvons construire une histoire de l’art à partir de nos propres références culturelles. C’est-à-dire que finalement Mickey n’est pas moins une source de l’histoire de l’art que Botticelli. Et les Américains ont pratiqué là un véritable coup d'État en ne se rendant plus dépendant de cette perspective-là. Il y a eu un discours sur l’art qui était complètement informé par l'histoire politique. » 4.1
« Si on a un tableau de Pollock en face de soi, on ne pourra pas utiliser les mêmes modes d’appréciation. Le problème, c’est que souvent, on a fait les deux, c’est-à-dire que l’on a essayé de traiter une fresque de Vasari comme [une œuvre de] Pollock et les gens qui avaient l’habitude de réfléchir sur Raphaël se sont trouvés bien embêtés devant un tableau de Pollock. C’est-à-dire que l’idée de parler de l’image au singulier, est peut-être, dans ce sens, dangereux. Est-ce qu’il n’y a pas plus de proximité entre l’emblématique du XVIe siècle et un poème de Clément Marot qu’entre une image emblématique du XVIe siècle et un tableau de Pollock ? On a affaire à deux images, mais qui sont tellement différentes qu’on ne peut plus les mettre sur le même plan. Or, effectivement, les divisions académiques font que l’on distingue les textes des images alors qu’il serait plus logique d’avoir une plus grande perméabilité entre les deux et de travailler plutôt par période chronologique. En effet, il reste pertinent de traiter les textes et les images du XVIe siècle de la même manière. En revanche, il n’est sans doute pas pertinent de traiter deux images du XVIe siècle et de l’époque contemporaine sur le même plan. Encore que ça peut se faire aussi, mais, à mon avis, c’est un autre discours. C’est un discours sur le XXIe siècle. C’est-à-dire un discours sur : quelle est notre façon à nous de percevoir ce qui nous entoure ? Comme le disait Veyne, après tout, Mozart est un musicien du XXIe siècle parce qu’on l’écoute au XXIe siècle. » 3.2.4 ; 4.1
Jas Elsner December 2002
Question: Sur le recours aux outils de retouche numérique sur les œuvres antiques, qui serait davantage une démarche intellectuelle pour la création d’une œuvre d’art nouvelle :
« For instance, would I put the arms back on the Venus de Milo ? Well, I might... Dalí did it. To illustrate some point I might [do it]. It is hard to believe but it is not unthinkable. » 2.2.2
Mary Beard December 2002
Question: Sur le rôle des images dans la vie culturelle, Mary Beard donne l’exemple d’une mise en relation de deux peintures d’époques différentes faite par son fils lors d’une visite dans un musée :
« I can’t remember what museum we were in, it must have been [somewhere in] Italy, and [my son] spotted in a Raphael print, and [that’s] interesting because his name is Raphael, one of the things that Manet was parodying in Le Déjeuner sur l’herbe, and he saw [it] and he said, “look, that’s where Manet got it from.” I thought that no one has really taught him that. He has never done art history and yet he’s constantly being told that he has to look and see what things are like each other. » 1.2
Question: L’intérêt pour les images n’est pas nécessairement dû au domaine ou à la période d’étude des chercheurs. À ce sujet, Mary Beard évoque une visite au Louvre avec sa famille, où s’opèrent des mises en relation entre différentes périodes chronologiques :
« We went to that bit in the Louvre by mistake with all the ethnography. [Evidently] I can see why it might be interesting, I’m just not interested in it myself, and I was trying to explain to Robin. He was saying, “God this is really genius, this is what Picasso saw”, and he was saying to Raphael, “this is really interesting in the development of Modernism.” And I was saying, “Well what I can’t bear is in not knowing how old this is.” » 1.2.2
Que ce soit entre différentes périodes de production ou entre différents médias l’idée d’une forme d’évolution dans l’art est récurrente.
Luca Giuliani December 2010
« Credo che il cinema sia stato più importante della pittura ; nella seconda metà del Novecento, credo che sia stato più importante che la pittura. » 1.2.3
Question: Sur l’évolution actuelle de l’art contemporain dans le monde :
« Où en est-on maintenant ? C’est la bonne question, je n’en sais rien. Je ne suis pas spécialiste de l’art contemporain. Je n’en sais rien, je pense qu'on est toujours un peu dans cette perspective-là [de l’art informé par l’histoire politique.] Ce qui serait intéressant, c’est de savoir comment l’art, étant resté pour l’instant très globalement une chose occidentale, qui n’a finalement pas été capable de prendre en compte ce qui pouvait se passer ailleurs, jugé soit comme folklorique, soit comme anecdotique, soit à la traîne de l’histoire de l’art européen, va évoluer. Qu’est ce qui va se passer une fois que la production artistique se sera élargie ? Je n’en sais rien. Pour l’instant ce qui semble apparaître, c’est que précisément les différences nationales tendent à disparaître. Par ailleurs, nous sommes dans une période où l’on ne peut plus appeler les différences nationales mais où les identités semblent devenir un élément primordial, il est probable que les lectures que l’on aura de l’art et très probablement aussi la production artistique en seront affectées. » 4.1
« […] après une longue période d’abstraction et finalement de mise à distance des rapports entre l’art et la réalité, il y a une grande exigence de retour à quelque chose qui [exprime] la réalité. » 4.1
Toute chose peut être considérée comme de l’art, qu’elle soit figurative ou non. L’abstraction, qu’elle soit d’origine ancienne ou contemporaine, suscite de nombreux débats. Entre alors en jeu l’approche esthétique de la beauté dans une compréhension davantage de l’ordre de l’émotion que de la raison.
Simon Price December 2002
Question: Sur la prise en compte des critères stylistiques dans l’étude des images :
« […] it seems to me that that is part of what taking into account the image is. You can’t screen out style, look at the image as if it had none. And often because style is a matter of either personal or local cultural choice, you have to think about the sort of choices that are being made in style of images as style of writing. [For exemple] Picasso, he could, he did, produce in all the styles that were around for sixty to seventy years. Why ? How ? Not just studying Picasso, about thinking about Picasso’s style. » 3.1.5
Question: À propos de la consommation des images, Renaud Robert s’intéresse au statut de l’objet qui possède un statut artistique, à l’art brut et à l’art populaire.
« J’ai un intérêt pour les arts bruts ou art populaire : comment on [réalise] une chose qui a le statut [d’]artistique. Je me suis toujours intéressé à ce basculement, de l’objet pratique à un statut supplémentaire. Comment avec des matières très humbles, on obtient quelque chose qui, par son statut, cherche à produire autre chose qu’une fonction. Je me suis toujours intéressé aux arts populaires. […] Un musée qui me plaît beaucoup, c’est le musée de l’art brut à Lausanne, qui fait peur aussi parce que ce sont des productions de gens qui sont dans des souffrances, qui sont des malades mentaux. Certains objets sont très angoissants, mais, en même temps, le fait de fabriquer envers et contre tout un objet qui a un statut différent de l’objet strictement utilitaire m’a toujours intéressé. D’où le fait que je me suis aussi intéressé à l’art contemporain. » 1.2.2
« [Pour] expliquer l’histoire de l’art en fonction de grandes périodes, après la période de la conquête de la picturalité vers l’abstraction etc., [nous sommes] passé à une réflexion sur ce qui fait que l’objet devient un objet d’art. C’est vraiment le fait de transporter un objet de son contexte, à un contexte différent, qui peut le transformer en objet d’art. Cela peut aller jusqu’à la caricature de choses qui n’ont pas forcément beaucoup d’intérêt. Je trouve, dans le cadre des arts dit populaires ou de l’art brut, que cela correspond à une véritable exigence, plus que ce que font certains artistes contemporains, qui procède de l’art de la rhétorique. » 1.1.2
Question: Sur la place de l’abstraction et de l’objet dans le discours de l’art contemporain, dans une idée d’évolution stylistique à travers les médias et les continents :
« Donc, finalement l’aboutissement naturel de cette histoire de l’histoire de l’art ce serait l’abstraction, [dans un] moment où l’art renonce complètement à la représentation pour ne plus être que lui-même, un transitif, comme on pouvait le dire à cette époque-là. Et ce discours a été un discours européen qui a été très largement repris par les Américains, qui ont vu dans l’abstraction américaine un prolongement de cette histoire de l’art européenne, qui finalement ferait de l’art américain [un] aboutissement dans une perspective presque téléologique de l’histoire de l’art européen. Cela jusqu'à l’abstraction. » 4.1
« Et puis, avec le Pop art américain, les Américains font un véritable coup d’Etat dans l’histoire de l’art. C’est-à-dire en disant "finalement ce qui est intéressant ce n’est pas ça". Toute chose peut être objet d’art, y compris un objet industriel ou un objet d’art populaire, la bande dessinée ou autre. » 4.1
« […] après une longue période d’abstraction et finalement de mise à distance des rapports entre l’art et la réalité, il y a une grande exigence de retour à quelque chose qui [exprime] la réalité. » 4.1
Ida Baldassarre évoque les rapports entre figuration et abstraction, et comment l’approche esthétique à l’époque moderne peut être totalement subjective. Il est alors ardu de définir les notions de beauté ou bien de laideur dans l’art contemporain.
« E avendo visto come addirittura sull'esperienza del mondo della produzione figurativa moderna ti accorgi che l'approccio estetico è inutile ormai. Qual è l'approccio estetico alle sculture moderne, a un Picasso, eccetera ? O trovi un altro approccio o l'approccio estetico di bello, del senso del bello, del senso del brutto è fallito no ? E allora anche...credo che questo continuare a ragionare sul tuo mondo, sul mondo moderno, sul rapporto che tu instauri col mondo moderno ti permetta veramente di ampliare il punto di vista quando affronti il mondo antico. E veramente io penso che adesso l'approccio estetico sia...Che significa ? Bello, brutto, che significa ? Non lo so. Sono andata a vedere Basquiat, c'era stata una mostra qui e mi ponevo proprio questo problema. Di fronte a cose che pure ti piacevano, ma non puoi dire ‘’Sono belle’’, ma allora sono proprio scarabocchi. Allora cos'è che ti procura quest'emozione per cui dici ‘’Mi piace’’, dici ‘’Sono belle, mi piace’’. Insomma non l'ho risolto ma... oppure anche il colore no ?, che ti procura un'emozione, ma non è il criterio estetico che ti permette di capire queste cose, quindi ecco messo in crisi l'approccio semplicemente all'estetico. » 3.2.2
La couleur dans l’art, peu importe la période étudiée, est primordiale pour l’étude et la compréhension des œuvres. Se pose également le problème de l’original et de la copie évoqué par Luca Giuliani : les couleurs diffèrent entre les deux supports.
Marie-Christine Villanueva-Puig January 2011
« On m’a enseigné que les vases grecs n’avaient pas besoin de la couleur. Je suis désolée mais je ne le pense pas. C’est peut-être moins grave que pour un Monet que d’être reproduit en noir et blanc. » 2.2.1
Luca Giuliani December 2010
Question: Sur la part pédagogique de l’iconographie, et le regard du spectateur qui est faussé par l’observation d’une copie à la place d’une œuvre originale :
« Se uno va a vedere una mostra di impressionisti in genere il comportamento del pubblico è come se invece dei quadri ci fossero delle cartoline. Cioè riducono il quadro ad una cartolina. L’unico modo per guardare una tela di un impressionista è di variare la distanza davanti alla tela. Se uno guarda da lontano e vede un campo di papaveri, e s’avvicina e vede delle macchie rosse su fondo verde : tutto il gusto è in questa altalena tra colori sulla tela e suggestione di un paesaggio. E se uno non fa questo avanti indietro, variando la distanza fra occhio e oggetto, non capisce qual è il gioco del pittore. E questo si può fare soltanto davanti all’originale. E la gente che lo fa davanti all’originale è pochissima : tutti guardano come se invece ci fosse una cartolina appesa davanti al naso. » 2.1.1 ; 4.3
Entre le marché de l’art et les musées qui souhaitent gonfler leurs collections, les œuvres d’art contemporaines se vendent parfois à prix d’or et font l’objet de publications dont les ouvrages sont également onéreux.
François Lissarrague November 2002
« Dès que tu veux écrire sur un artiste vivant, je ne parle pas de contemporain, mais dès que tu veux écrire sur Bacon ce livre-là ne peut être qu'un gros livre à 1000 francs, ça ne peut pas être autre chose. Et ça tue tout un type de réflexion évidemment. » 2.2.3
John North December 2002
Question: À propos de l’évaluation du prix des tableaux sur le marché de l’art :
« In some cases they were getting a percentage of the market value, so you would get a hugely valuable painting from Australia or something, you’d write a letter saying, “Yes, this is a genuine, Monet”, or whatever, and then you’d get 2% of the sale price. » 2.2.3