La télévision joue un rôle important dans notre société actuelle. Pour Françoise Frontisi-Ducroux, Jas Elsner et John North c'est d'abord une forme de divertissement. Mais c'est aussi un média qui produit et transmet un fond immense d'images de toute sorte. Selon Paul Cartledge, Pascale Linant de Bellefonds et Ida Baldassare, ces images virtuelles impactent notre quotidien, notre façon de vivre, de consommer mais d'après Angela Pontrandolfo et Mary Beard elles touchent aussi notre rapport à l'image. Toutefois, leur contenu peut être modifié et remettre en question notre approche de la réalité comme le souligne Renaud Robert et John Boardman. Néanmoins, Paolo Moreno affirme que cette dépendance à la télévision n'est pas inéluctable.
La télévision est tout d'abord un objet de loisir qui permet des moments de détente parmi les temps d'informations. Selon John North, Jas Elner et Françoise Frontisi-Ducroux, c'est un moyen de divertissement, tout comme le cinéma, grâce aux divers programmes qu'elle propose.
« J’aime beaucoup le cinéma et la télé aussi, par exemple le documentaire sur Naples que j’ai vu hier : remarquable. » 1.2.2
Jas Elsner December 2012
« I would love to go to the cinema and watch television but I have three children” 1.2.2
John North December 2002
“Well, it’s a large part of my leisure: watching TV a bit, and watching videos rather more, and going to the cinema. Yes, images in one sort or another, going to exhibitions, and I think that that takes up a fair amount of my spare time.” 1.2.2
La télévision a différentes portées sur notre quotidien et notre façon de consommer. En effet, pour Paul Cartledge, la diffusion d'images sur des produits ordinaires par le biais des publicités ou encore des programmes, films influencent notre société de consommation et impactent ainsi notre quotidien. Pourtant, ce n'est pas le cas pour tout le monde, certaines personnes arrivent à faire abstraction de ces publicités qui poussent à l'achat multiple comme l'évoque Françoise Frontisi-Ducroux. La télévision touche aussi notre dépendance à l'image virtuelle, comme le souligne Pascale Linant de Bellefonds et Ida Baldassare, et certaines images impactent plus que d'autres selon leur contenu ou le message qu'elles diffusent.
Paul Cartledge December 2002
« Well, one thing that you can’t avoid in a Western, capitalist society is billboard advertising. […] so that form of persuasion through imagery impressed itself on me very early. [...] So my point is that today, I would guess, most people see advertisements through television, secondarily through film. Well when I was growing up, that just wasn’t possible, so imagery of advertising came through what we call billboards, out on the street or in shops, [and] magazines to some extent.” 1.2.2
Pascale Linant de Bellefonds February 2010
« Incontestablement, [les images] ont un pouvoir. Et en particulier celles qu'on voit à la télévision. Je pense que cela a changé beaucoup de choses au cours des 30 dernières années. Il me semble que par le biais de la télévision, l'impact des images est beaucoup plus fort. » 1.2.3
« io soffro se resto senza immagini per molto tempo, se non vado al cinema, eccetera. Io sono stata fino al '89 senza televisione e ricordo che l'ho presa perché volevo assistere alla caduta del muro, '89 però io sono andata molto spesso al cinema perché sentivo questo bisogno di immagini » 1.2.2
« [Les images ont] un pouvoir terrible, énorme. Pour nos sociétés contemporaines, il est même effrayant et absolu. Pour moi je ne sais pas. Une fois j’ai été interviewée pour une enquête sur les publicités et je me suis aperçue que j’étais incapable de référer une image que je connaissais à une publicité. Donc si l’image a un effet sur moi, ça n’influence absolument pas mes achats et mes choix.» 1.2.3
Les images diffusées par la télévision touchent notre société de consommation mais pas seulement. Elles ont des fonctions et des significations différentes pour chaque personne qui les voit car elles impliquent différents niveaux de lecture : culturel, politique, économique, religieux, etc. Selon Jas Elsner les images exercent donc divers pouvoirs qui vont être compris différemment selon les cultures et contextes. Pour Angela Pontrandolfo, elles touchent encore plus les jeunes générations qui sont dépendantes des écrans. Malheureusement, certaines émissions culturelles qui leur sont destinées ne sont pas toujours aussi scientifiques qu'elles devraient l'être.
Jas Elsner December 2002
“I still think that images have a certain religious or apotropaic power. […] And there are many other powers: subliminal power with advertising. But I wouldn't be able to define it precisely because it would be different in different cultures and different contexts, probably even slightly different in Britain and in France, and certainly if you went to Iraq, for instance, it would be different again. So this is very complex. But it is a less understood medium of communication and thought or logic, than the verbal and one that is parallel to verbal.” 1.2.5
Angela Pontrandolfo January 2003
“[...] le nuove generazioni bisogna andare a vedere come si avvicinano. Purtroppo ci sono le trasmissioni culturali fatte alla televisione che sono un dramma.” 4.1
L'aspect et l'impact de ces images évoluent par le sens que les téléspectateurs leur donnent et donc leur jugement. Un jugement qui se porte aussi bien sur leur contenu et le message qu'elles veulent faire passer que sur leur apparence d'après Ida Baldassare et Mary Beard.
« […] trovo orrende le cose della televisione. Ecco forse è questo, insieme alla recitazione, che è nel taglio delle immagini della televisione...vederle così brutte vuol dire che hai comunque una capacità di giudizio. » 1.2.2
Mary Beard December 2002
« I think that one of the things that made people think a lot back in what must be late 60’s or 70’s was [the television program of] John Berger, Ways of Seeing. And it was a television program that then became a book. And I think it was at the time quite striking that you could write a sort of book entirely about, and constructed upon, images. [...] There were two television programs that kind of clashed in England. There was Kenneth Clark’s Civilization, which was terribly kind of aggressive connoisseurship, and then there was John Berger’s Ways of Seeing, which was being a prude Marxist. But they came quite closely together. And obviously Berger’s essay on the nude was a direct attack on Clark’s essay on the nude. And so there was, within entirely outside formal academic life, quite a lot of [interest in it]. At least my friends were interested in that. ». 1.1.4
Les images sont des supports qui peuvent être modifiés et employés de différentes manières. Les images virtuelles peuvent être entièrement construites. Leur contenu est donc aussi malléable et selon l'usage qui en est fait, il n'aura pas le même sens ni le même impact chez les téléspectateurs. Pour Renaud Robert et John Boardman, le message de l'image peut être contraire à son sens originel et véhiculer ainsi de fausses informations qui touchent parfois notre conception de la réalité.
« […] l’image, de nos jours, tend à se confondre avec la réalité parce que c’est l’image de cinéma, de télévision et que l’on peut croire que c’est la réalité. » 1.2.3
John Boardman December 2002
« One of the really frightening things I find about the modern world is that when you look at a photograph in a newspaper or on television, you can never tell whether you’re looking at the real thing or not. And I’ve often thought that there should be some international convention, that if any image has been tampered with, there should be some little mark on the corner of it. And the credible things that can be done now by this sort of work, it’s rather frightening.” 2.2.2
Aujourd'hui, la plupart des personnes dans le monde ont au moins une télévision chez eux ou y ont accès fréquemment ; 1,59 milliards de foyers recensés en 2015 d'après le site de l’agence spécialisée en statistiques Statista. C'est donc LE média le plus utilisé à travers le monde et pourtant est-il aussi indispensable qu'il ne le paraît ? Pour le chercheur Paolo Moreno, il est possible de vivre sans télévision parmi cette société de « surconsommation ».
Paolo Moreno March 2010
Paolo Moreno « A titolo personale io ho evitato di essere proprio circondato dall'immagine nel senso che non ho la televisione, perché vivo da solo, l'ho data via. È stato molto difficile riuscire a non pagare l'assegno perché non ci credevano quelli della Telecom...della...insomma, della società televisiva, della Rai TV perché, appunto, pareva impossibile. » 1.2.2