La typologie correspond étymologiquement à l’étude des différents types, ainsi qu’à l’analyse et la description de formes typiques permettant une classification. Cette dernière est menée en fonction de plusieurs critères grâce auxquels il est possible de différencier ou rassembler des éléments. Par extension, le terme « typologie » s’applique également à une liste de types issus d’un même domaine d’étude, obtenue par la classification. La typologie concerne des domaines très variés, allant de l’archéologie à la linguistique en passant par la psychologie et l’architecture.

En archéologie par exemple, il s’agit d’une étude comparative de plusieurs objets, notamment de leurs formes, leurs dimensions, etc., afin de déterminer des différences et ressemblances entre ces objets. Cette étude permet de souligner des similitudes liées à l’origine de l’objet et au contexte culturel dans lequel il a été produit. Le classement typologique permet de comprendre l’utilisation de ces objets, d’en reconnaitre le style ou la provenance notamment par l’observation des décors, ou d’identifier l’iconographie en comparant les images. Aussi, un corpus typologique donne l’occasion d’étudier la diversité des types, d’identifier des images qui ont plus ou moins de succès et même d’observer l’évolution de ces images et les différentes interprétations en fonction du contexte historique ou géographique.

La typologie étant centrale en archéologie, comment les chercheurs perçoivent-ils ce type de classement par rapport à d’autres ? Il s’agit de l’un des critères choisis pour construire un corpus, certains chercheurs privilégiant d’ailleurs les corpus typologiques plutôt que géographiques ou chronologiques. Mais dans certains cas, la typologie peut nuire à une bonne lecture des images: une redéfinition serait donc nécessaire.

Planche de sériation céramique

Planche de sériation céramique. Flinders Petrie a développé ce système suite à l’étude de dizaines d’assemblages provenant d’inhumations qu’il a fouillées dans le site protohistorique de Naquada, en Haute-Égypte. © The Egypt Exploration Society sur https://www.inrap.fr/magazine/Histoire-de-l-archeologie/Classer-pour-comprendre/Lassemblage#undefined

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1.1. La typologie : l’un des critères pour construire les corpus

La typologie est depuis longtemps un critère majeur pour la construction des corpus. Paul Cartledge estime que le fait d’avoir une typologie, pour un archéologue ou historien de l’art, équivaut à avoir une archive écrite permettant un meilleur résultat pour le travail d’un chercheur. François Lissarrague évoque la tradition allemande dans les années 1890 avec le corpus des terres cuites de Franz Winter basé sur un classement typologique. Le corpus est, selon Paolo Moreno, basé sur plusieurs paramètres dont la typologie.

1.2. La préférence donnée au corpus typologique

Dans leurs travaux et de manière plus générale, certains chercheurs privilégient la typologie pour la réalisation d’un corpus. Simon Price a d’ailleurs utilisé les liens entre les images, les différents types de catégories et donc les typologies dans un de ses livres sur la Rome Impériale. D’après Paolo Moreno, le critère fondamental pour constituer un corpus est la typologie, et les corpus sont pour lui essentiellement typologiques. La typologie est plus pratique car elle permet de voir une évolution et il est possible d’insérer dans ce type de corpus des objets sans véritable contexte. Paul Cartledge privilégie le critère typologique plutôt que géographique pour constituer un corpus, et il a utilisé ce système dans sa propre thèse. Quant à Luca Cerchiai, il propose une amélioration de la classification typologique traditionnelle qu’utilise le CVA, en accompagnant les photographies de dessins par exemple.

2. Pour une redéfinition de la typologie afin de mieux lire les images

Bien que les chercheurs se rejoignent sur l’utilisation du corpus typologique, quelques-uns d’entre eux suggèrent une évolution de cette approche typologique afin de favoriser la lecture des images. Luca Giuliani pense que la typologie dépend de la problématique que l'on élabore face à une ou plusieurs oeuvres: la typologie "ne tombe pas du ciel". Selon Gilles Sauron, il faut être prudent avec l’utilisation du classement typologique et ne pas tout mettre dans un même groupe, au risque de nuire à l’individualité d’une image qui ne devrait peut-être pas appartenir à ce groupe. Dans les catalogues d’images comme le LIMC, il y a parfois des objets classés par typologie de manière assez hasardeuse. Enfin, le critère typologique est indispensable pour Luca Cerchiai. Pour des images peintes sur des vases par exemple, il ferait d’abord une typologie des classes de production puis il distinguerait les formes.

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