L’historien de l’art est avant tout spectateur des formes qui l’entourent mais il construit aussi, en relation avec ces images, un savoir qu’il est nécessaire de partager. La reproduction d’une œuvre est primordiale pour la diffusion de ce savoir. Ainsi, elle permet, quel qu’en soit le médium - dessin ou photographie -, de rendre accessibles et l’information et l’œuvre, en créant un lien direct. La reproduction met en image des écrits et donne une matière, une forme et une couleur à un objet. Le génie scientifique peut s’exprimer plus aisément grâce à cette accessibilité de l’œuvre que permet la reproduction. Au-delà du partage de l’image, la reproduction, faite à un moment donné, est également le témoin d’une œuvre, que celle-ci soit disparue ou non. C’est alors qu’elle peut prendre, d’une certaine mesure, la fonction de source.

Commentaires (0)

Les commentaires sur ce sujet ne sont plus acceptés.
1. Le dessin pour voir et comprendre

Le dessin peut faire partie des reproductions d’une oeuvre. Il permet de mieux voir et ainsi de comprendre l’oeuvre comme le souligne plusieurs chercheurs. Mais la part de subjectivité qu’il implique doit être prise en compte. De plus, la reproduction par un dessin personnel permet de détourner le problème inévitable des droits d’auteurs. Ce qui est pour certains chercheurs une solution excellente au moment où les financements posent problème. Il faut admettre qu’il existe un regard économique à porter sur cette question de la reproduction de l’objet mais également de sa diffusion.

2. La photographie pour une vraisemblance de l’objet

Dans l’analyse et la qualité d’un ouvrage publié (livre ou article), les photographies apparaissent comme un soutien aux propos scientifiques. Leur qualité est aussi primordiale afin de véhiculer un certain prestige. De plus, il faut prendre en compte le fait que ces reproductions dépendent parfois de différents droits et accords pouvant complexifier leur réalisation.

Par ailleurs, Il est parfois plus facile de réaliser ses propres photographies pour être déchargé de toutes démarches de droits d’auteur mais surtout afin d’avoir un résultat qui convient parfaitement au propos scientifique. Ce n’est pas évident de pouvoir faire le déplacement jusqu’au lieu de conservation de l’œuvre et il faut alors se cantonner aux reproductions déjà existantes. Malheureusement, certaines de ces photographies ne sont pas nécessairement de bonne qualité.

 

3. La qualité d’une reproduction

La véracité du dessin peut facilement être compromise par le regard et la main de son auteur. Évidemment, la véracité et la technicité du dessin dépendent de facteurs humains et des objectifs visés. Le dessinateur peut tout à fait idéaliser le tracé et ainsi déformer complètement ou partiellement l’œuvre originale ou l’objet reproduit. De plus, certains dessins permettent d’accentuer des détails qui ne sont pas aussi visibles en réalité.

4. La reproduction comme témoin et source

Lorsque la reproduction devient l'unique témoin d’une œuvre, elle prend un tout autre sens. Il ne s’agit plus uniquement d’un document ayant comme seule vocation la représentation et la diffusion de l’objet par l’image. Au-delà de cet aspect, elle s’anoblit plutôt du titre de source.

La reproduction à un instant de l’histoire peut différer de celle que nous percevons aujourd’hui. Elle témoigne d’une époque, d’un style et d’un regard. Par ailleurs, elle correspond aussi à un tracé de son auteur s’appuyant déjà sur ce qu’il voit ou ce qu’il imagine, prenant alors forme de reproduction avec une connotation bien plus artistique.

On réceptionne alors un objet avec une approche historique permettant ainsi une analyse et une compréhension de certaines évolutions voire modifications de l'œuvre.

 

Commentaires (0)

Les commentaires sur ce sujet ne sont plus acceptés.
logo de l'université de Tours

Université de Tours - 60 rue du Plat d'Etain - 37020 Tours cedex 1