Les bases ou "banques" de données (appelées ainsi lorsqu'elles sont rangées sous forme de collections) sont des catalogues d'images numériques raisonnés constitués de textes mais aussi et surtout d'images. La base de données sert à recenser une documentation iconographique et bibliographique abondante. Appliquée au domaine de l'iconographie antique, elle est majoritairement destinée aux étudiants et aux chercheurs pour faciliter l'accès à des données dispersées mais aussi à faciliter la recherche iconographique d'une image en particulier pour en souligner sa mise en série ou établir sa singularité.
C'est donc un outil informatique qui organise des données formatées ou non qui sont indexées pour retrouver rapidement les données recherchées. L'ensemble des images proposées autour d'un ou plusieurs mots clés avec leurs descriptions ne servent que de base d'étude, tout comme les catalogues d'images.
Quelle relation les chercheurs aujourd'hui entretiennent-il avec les bases de données numériques? Nous essaierons d'établir leur nature et leur utilité dans le contexte de la recherche iconographique pour l'ensemble des chercheurs interviewés.
À la lumière des différentes interviews, il apparaît que les personnes interrogées possèdent une pratique des bases de données informatiques moins courante que pour les catalogues d'images. Néanmoins, certains travaillent volontiers avec des types de bases de données diverses comme les bases de données des musées, tels que Marie-Christine Villanueva-Puig et P. Linant de Bellefonds, la banque de données d'Oxford pour Françoise Frontisi-Ducroux et François Lissarrague, et la banque de données Arachné pour Renaud Robert, ou Aghora.
Pascale Linant de Bellefonds February 2010
Marie-Christine Villanueva-Puig January 2011
« Mais je pense que c’est magnifique, comme par exemple la base Atlas du Louvre. » 2.1.4
« Comme banque d’images informatisées, j’utilise celle d’Oxford, c’est très bien. » 2.1.4
Les chercheurs s'accordent à dire que pour l'heure, même si la plupart des bases de données sont encore en cours de réalisation, leur avenir est certainement prometteur. Elles offrent un accès à l'information plus rapide et raisonné que les catalogues d'images.
Marie-Christine Villanueva-Puig January 2011
« Je pense que les bases de données d’images de grande qualité, c’est l’avenir. » 2.1.4
Martine Denoyelle April 2010
« C'est plus rentable, cela te permet une interrogation croisée, à terme disons ce sera plus efficace. [...] Là où cela a une grande utilité c'est pour une base d'iconographie. C’est très utile. Tu vas appeler Héraclès, Héraclès et Hespérides, des thèmes ou titres contrôlés. Cela va immédiatement te ramener tout le corpus le plus étroit possible de ta recherche. Donc cela accélère terriblement ta recherche plutôt que d'aller feuilleter... . » 2.1.3
Certains chercheurs émettent des critiques vis à vis de l'utilisation du numérique.
Marie-Christine Villanueva-Puig January 2011
« Je ne pense pas que le numérique puisse remplacer totalement le papier. [...] Je ne pense pas que ce soit bien parce que je suis « une femme de papier », j’aime bien mettre côte à côte des planches, comparer des choses, revenir en arrière. Un écran ne me suffit pas. » 2.1.4
« Mais je me heurte à mes propres incapacités. Premièrement, je suis d’une génération qui est né après l’ordinateur, donc je m’y suis mis tardivement et mal. Deuxièmement, je n’ai jamais été très doué pour ce qui est mécanique. Je maîtrise mal l’outil, donc je l’utilise mal et je ne l’utilise pas assez à la différence de la jeune génération, qui trouve tout ce qu’elle veut sur internet. » 2.1.4
Les bases de données manquent pour certains encore d'exhaustivité et posent la question de la qualité du contenu.
François Lissarrague November 2002
« C'est à la fois une mine d'or et en même temps pas suffisant. » 2.1.4
« Le danger ou le problème des bases de données, en particulier Arachné, est que contrairement au LIMC, elle n’a pas une perspective exhaustive. [...] Dans Arachné, c’est plus aléatoire, il n’y a que ce que les Allemands ont en photographie dans le site actuellement. C’est beaucoup, mais cela n’est pas forcément tout. Il peut y avoir vingt-cinq choses qui ne sont pas très représentatives et ne pas y avoir la chose essentielle sur le thème. En les maniant, il faut savoir qu’il ne faut pas le prendre comme une photographie du corpus dans sa réalité exhaustive. » 2.1.4
Martine Denoyelle April 2010
« Le problème de l'image numérique c'est celui de son indexation. Je travaille actuellement avec Agnès Tapin pour le Centre Gernet à l'indexation et le basculement dans Agorha des données de la base images du Centre Gernet où il y a beaucoup de vases. D'abord problèmes d'ordre philosophique et moral pour savoir ce qu'on décrit exactement...problème de description de l'image! » 2.1.3
Tout comme les catalogues d'images, les bases de données ne remplacent pas la recherche. Elles sont des outils qui doivent encore être améliorés pour offrir une meilleure qualité et accessibilité aux images. La qualité du contenu semble moins importante pour certains qui privilégient l'accessibilité aux informations.
François Lissarrague November 2002
« Mais je pense que les banques de données ne servent pas à remplacer la recherche. [...] Le but d'une banque de données c’est de fabriquer des banques les plus simples et les plus légères possibles. » 2.1.4
Les bases de données doivent impérativement faire l'objet d'une amélioration.
Luca Cerchiai
« Indispensabili, ma si deve fare un enorme lavoro di miglioramento. Ne ho approntata una a Salerno, con una scheda tipo, inserendo i dossier su cui sto lavorando con allievi e studenti: ad esempio le tombe dipinte di età arcaica, le hydriai ceretane, le stele di Bologna. Il problema maggiore è quello della qualità delle immagini e della loro accessibilità, per rendere la banca dati uno strumento di lavoro e non solo di raccolta e archivio, come sostanzialmente è ancora oggi. »
Question : Solo illustrazione o anche gestire l’immagine per avere informazioni…
« L’ideale sarebbe pensare ad una banca dati come strumento di gestione: dunque, di carattere aperto, con materiali esportabili e di alta qualità: un progetto possibile che richiede mezzi e, soprattutto, una forte volontà di cooperazione, anche per evitare proliferazioni inutili. »
Question : Si ma non parliamo adesso del problema economico
« Una banca dati iconografica deve offrire una documentazione di carattere analitico, evidentemente mirata: ciò significa, almeno in teoria, rifare o almeno integrare i materiali disponibili in base a standard prefissati. Il problema è costruire un sistema efficiente di accesso e circolazione, per dare vita a un serbatoio a cui tutti attingono. » 2.1.4
François Lissarrague November 2002
« Je pense, enfin je ne sais pas ce que Boardman vous racontera, mais l'idée pour la base d'Oxford, c'est vraiment d'avoir donné des descriptions qui sont juste des indications ; il y a parfois des erreurs mais ce n'est pas grave parce que ça laisse du travail aux chercheurs à venir. Il faut donner accès au matériel, puis les gens vérifieront. Voilà, c'est ça le simple but. » 2.1.4