Destinés à accueillir une pratique manuelle artisanale et artistique, les ateliers du passé sont des lieux généralement peu connus par manque de documentation et pourtant primordiaux pour la création, et ce pour toutes les périodes historiques. C'est dans ce microcosme de l'artisan ou de l'artiste qu'une oeuvre est pensée et réalisée, encadrée par des apprentis sous la direction d'un maître. On parle d'ailleurs de "l'atelier" lorsqu'une oeuvre inclut des éléments de style dans la qualité du maître. Si cette notion reste à définir et à comprendre en détails pour l'antiquité, les chercheurs interviewés l'identifient à un lieu d'échange et de transmission d'un style et du savoir technique que requièrent les différentes formes d'art. Ils évoquent également une rupture entre chaque atelier, leur permettant une attribution géographique souvent très précise et parfois l'attribution à un maître et ses élèves. Ces différents aspects sont utilisés pour la lecture de l'image, par la plupart des chercheurs.

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1.1. Définir l'atelier antique : une recherche en cours

Si les chercheurs affirment tous que l'atelier reste une donnée bien méconnue, ils s'accordent sur le fait que cette lacune est davantage comblée par l'intérêt qu'elle rencontre dans la communauté scientifique depuis longtemps. Cet élément souvent négligé par les études iconographiques s'insère maintenant dans des travaux scientifiques. Les chercheurs s'intéressent à de petits ateliers hors de l'Attique et à la personnalité, la classe sociale et les capacités artistiques des artisans, ainsi qu'à la composition de ces ateliers.

1.2. Définir l'atelier antique : l'importance de l'atelier comme lieu de transmission et la lecture de l'image

La transmission d'un savoir-faire centenaire se concentre d'après les chercheurs dans les traditions d'atelier. Il y a notamment une continuité stylistique solide entre chaque atelier mais aussi un processus créatif et les personnalités des artisans qui ressortent de la stratégie de l'atelier. Il est nécessaire de replacer les oeuvres dans ce contexte de transmission afin d'y voir, selon Luca Cerchiai, d'autres niveaux de signification.

2. Les ruptures entre ateliers : le rôle des différences locales dans la lecture de l'image

Afin de différencier des ateliers d'une même région Marie-Christine Villanueva Puig nous rappelle l'importance des analyses d'argile ou de l'identification de fours dans les fouilles. D'après Martine Denoyelle, les distinctions entre ateliers peuvent être assez importantes pour identifier le lieu de production et même apporter des informations sur l'interprétation de l'image, sur des iconographiques locales.

3. L'atelier, le premier contexte d'une œuvre à étudier

Les chercheurs s'accordent pour identifier le premier contexte d'une oeuvre à son lieu et cadre de production. Les artisans, leur éducation et formation ainsi que leur environnement culturel sont des éléments primordiaux pour la compréhension d'un vase et des images qu'il porte. Luca Giuliani donne ainsi l'exemple remarquable du quartier de la Céramique à Athènes dont l'émulation des multiples ateliers amène, selon Gilles Sauron, à une virtuosité largement supérieure à des contextes d'ateliers hors Athènes.

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