L’anthropologie désigne l’étude de l’homme et des groupes humains. Différentes écoles d’anthropologie ont vu le jour portées par divers courants de pensée comme le structuralisme de Lévi-Strauss et le marxisme dans les années 1960.
L’anthropologie permet d’aborder la lecture des images antiques avec un nouveau regard et de souligner l’importance du contexte historique et social pour l’étude des images. Histoire de l’art et anthropologie sont deux disciplines qui sont complémentaires mais ne peuvent néanmoins se substituer l’une à l’autre. Pour Hans Belting, dans son ouvrage Pour une anthropologie des images (Gallimard coll. « Le Temps des Images », Paris, 2004, p.18) : « Nous vivons avec des images et nous comprenons le monde en images. Ce rapport vivant à l’image se poursuit en quelque sorte dans la production extérieure et concrète d’images qui s’effectue dans l’espace social et qui agit, à l’égard des représentations mentales, à la fois comme question et réponse, pour employer une formulation toute provisoire ». Plusieurs chercheurs en histoire de l’art antique se situent dans cette veine méthodologique d’une anthropologie des images. Il s’agit pour eux de replacer l’image dans une société, dans une culture et cette étude du contexte intègre donc la méthode de l’anthropologie.
François Lissarrague November 2002
« Ce à quoi on s'intéresse, c'est anthropologie et image et ça veut dire placer des images dans la culture et position de la culture dans les images. [...] Une anthropologie de l'image, c'est ce que Vernant faisait, par quoi il a commencé : le double, l'absent, le statut des images dans le domaine du religieux. C’est un champ qui se développe énormément. Ce que Vernant appelait anthropologie des images devient maintenant une chose très familière et pas seulement aux antiquisants, puisque les médiévistes font ça, d'autres le font, Belting par exemple. [...] La première chose dont il faut se débarrasser, c'est que les images ne sont pas le reflet de la société. Elles sont une expression, elles sont déjà à l'intérieur de la société. » 3.2.3
Martine Denoyelle April 2010
« Je pense qu'on est plus du côté de l'ethnologie ou de l'anthropologie si on essaie de dégager le rapport qu'un peintre de vase grec peut avoir à la représentation d'un athlète tenant un strigile et le confronter à celui d'un peintre précolombien qui va représenter un bonhomme… voilà : on est obligé de se rabattre dans ces domaines-là pour arriver à percevoir certaines choses ». 4.2.
« Je fais une lecture anthropologique des images, c’est tout. » 4.1
L'anthropologie est une discipline qui ne prend pas en compte l'évolution chronologique. Elle s'oppose par conséquent à la discipline historique qui l'évoque ouvertement. Dans ce cadre, les sciences historiques mobilisent souvent les conceptions marxistes, afin d’illustrer les liens sociaux et politiques et de mettre en évidence la véritable dimension des œuvres. En effet selon Maurice Audebert, le marxisme s'applique à "démontrer les conditions historiques et sociales" dans laquelle est réalisée une œuvre (M. Audebert Maurice, J.-P. Faure, P. Gaudibert, Histoire de l'art et marxisme. In : Raison présente, n°26, Avril – Mai – Juin 1973, p. 43-67.). L'anthropologie ne s'appuie pas sur cette vision historique puisqu'elle se concentre sur l'études des peuples et de leur culture. Elle se rattache au structuralisme qui étudie les cultures à travers un système. Une scission bien distincte s'opère ainsi entre les deux disciplines. Luca Cerchiai dit notamment que l'analyse des images, telle qu'elle est réalisée en Italie, tente d'allier une "perspective marxiste à une lecture anthropologique". Simon Price évoque cette scission de manière plus générale. Il dit que l'histoire se situe dans le domaine des "sciences humaines" mais que l'anthropologie était considérée comme une science sociale en Angleterre. Ainsi la scission s'observe à la fois en Angleterre et en Italie. Renaud Robert vient confirmer ce discours en disant: « Je voyais que l’évolution de l’ethnologie et l’anthropologie ne semblait pas intégrer l’histoire ».
« Je voyais que l’évolution de l’ethnologie et l’anthropologie ne semblait pas intégrer l’histoire. La démarche des gens comme Lévi-Strauss m’a toujours un peu choqué, le côté « savant de cabinet », c'est-à-dire des gens qui font peu de terrain. » 1.1.3
« Chez Aby Warburg, à la fin du XIXe siècle, il y avait toute une réflexion dans laquelle était remarquablement imbriquée la réflexion historique, la réflexion que l’on appellerait aujourd’hui « anthropologique », la réflexion d’histoire de l’art. » 1.1.4
Simon Price December 2002
« Well within the humanities, what’s the position of iconography? Normally marginal. Normally the preserve of art history, of professional, specialized art historians or archaeologists. » 3.1.
« The structure of academic disciplines in England is different from the structure in France. We probably say “in the humanities.” If you mean the field like classics, like history. There are also social sciences in England, which are sociology, anthropology. » 3.1.
Luca Cerchiai
« All’interno di questa tendenza più generale, facilmente riscontrabile nel panorama internazionale degli studi, si sono poi sviluppate le concrete strategie di ricerca dove è entrata in gioco la formazione specifica degli studiosi che, singolarmente o in gruppo, hanno affrontato il lavoro sull’immaginario alla luce di dichiarati principi metodologici. Questo è, ad esempio, evidente in campo italiano dove, sia pure in un quadro articolato di posizioni, lo studio delle immagini si è sviluppato con un approccio che si è sforzato di integrare una prospettiva marxista ad una lettura di carattere antropologico, in una dimensione culturale che riflette l’esperienza intellettuale di Dialoghi di Archeologia ». 4.1.