Le plaisir est un « état affectif agréable, durable, que procure la satisfaction d’un besoin, d’un désir ou de l’activité d’une activité gratifiante » (CNRTL). Nous pouvons donc définir le « plaisir esthétique » comme un état agréable, durable, suscité par une œuvre artistique. La notion de plaisir esthétique a été souvent associée à la pratique de la lecture de l’image et à l’iconographie, dans les réponses de plusieurs chercheurs interrogés dans le cadre de l’enquête. Toutefois, la notion de plaisir esthétique n’est pas admise par tous car elle est considérée comme inutile, voire nuisible à la recherche. Posons-nous alors la question suivante : quelle place peut-on ou doit-on accorder au plaisir esthétique dans l’étude scientifique ?

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1.1 Le plaisir esthétique et qualité de l’œuvre

Pour Donna Kurtz et Claude Frontisi Ducroux, le plaisir esthétique est lié à la qualité de l’œuvre. Il n’implique pas uniquement le goût personnel de l’observateur. Et la valeur qualitative est importante pour éviter de banaliser l’image, nous dit Gilles Sauron.

1.2 Le plaisir esthétique comme facteur essentiel à l’étude scientifique

 Pour Luca Cerchiai et Luca Giuliani, le plaisir esthétique est essentiel. C’est l’essence même de la recherche. Sans ce plaisir, la recherche ne débuterait pas. Il donne l’impulsion au chercheur ; ce n’est pas une contemplation passive mais bien une véritable motivation.

2. Le plaisir esthétique : un paramètre inutile à la recherche en histoire de l’art ?

Selon Ida Baldassarre, l’approche esthétique est inutile. Le beau, le laid, la couleur renvoient à des émotions, ce qui est contradictoire avec la recherche qui se veut neutre et objective.

3.1 Le plaisir esthétique à dissocier de l’interprétation

Paul Cartledge privilégie la connaissance plutôt que l’esthétique. Selon lui, la beauté et le plaisir qu’elle procure peuvent influer de manière trompeuse la réflexion et la compréhension de l’image. Pour John North, les notions de beauté et d’intérêt d’une image ou d’un objet, peuvent être dissociés. Ainsi, bien qu’il ne soit pas essentiel, le plaisir esthétique reste un facteur stimulant dans la recherche en histoire de l’art.

3.2 Le plaisir esthétique moins important que la connaissance de la culture et du contexte

Dans cette idée de connaissances culturelles, les chercheurs Angela Pontrandolfo, Pascale Linant de Bellefonds et Gilles Sauron représentent trois grades de réflexion. Chez Angela Pontrandolfo le plaisir esthétique est à dissocier complètement de l’intérêt culturel. Pour Pascale Linant de Bellefonds, le plaisir et le ressenti esthétique sont associés aux connaissances de l’image. Quant à Gilles Sauron le plaisir esthétique dépasse le goût esthétique personnel. Les chercheurs reconnaissent que le plaisir esthétique est un tout : il provient de la dimension politique, historique, sociétale et esthétique de l’image.

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