Dans son sens le plus strict « l’attribution » est l’action de « considérer quelqu’un comme l’auteur ou le responsable de quelque chose » (CNRTL). En histoire de l’art, l’attribution est une notion extrêmement importante surtout pour les spécialistes des périodes anciennes. En effet, attribuer une œuvre anonyme à un artiste ou un atelier est une opération typique des historiens de l’art. L’attribution permet entre autre de mieux comprendre une image bien qu’elle possède également des limites. John Beazley (1885-1970) qui a travaillé sur la céramique grecque antique est un des grands noms de l’attributionnisme et a joué un rôle majeur dans la formation de nombreux chercheurs. Ainsi, si certains valorisent sa méthode et expliquent les moyens de l’appliquer, d’autres préfèrent en poser les limites.

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1.1. Une méthode beazleyienne : l’attributionnisme

Lorsque l’on évoque la question de l’attribution, parmi les spécialistes de l’Antiquité, le premier nom cité est bien souvent celui de John Beazley. Historien de l’art et archéologue britannique, il est notamment célèbre pour la méthode qu’il a développé et formalisé en 1922 dans son article « Citharoedus » publié dans le Journal of Hellenic Studies. Cette dernière a pour but d’attribuer une œuvre grâce à l’étude comparée de divers détails afin d’en identifier un style. Spécialiste de la céramique grecque antique, John Beazley s’intéresse à la forme et à la taille des céramiques avant de s’attarder sur leurs motifs. Bien que sa méthode connaisse des limites, il est aujourd’hui encore une référence pour la majorité des chercheurs, certains l’ayant longtemps utilisé comme modèle.

 

1.2. La méthode beazleyienne : le dessin comme support pour attribuer

John Beazley relevait les motifs d’un vase à l’aide de papier calque puis les redessinait afin de mieux comprendre le style utilisé par le peintre. Dessiner permet de mettre en relief certains détails particulier visant à distinguer une manière spécifique de l’artiste. A cet égard, John Beazley n’est pas le seul à utiliser le dessin comme support pour attribuer. En effet, le critique d’art italien Giovanni Morelli (1816-1891), qui a précédé Beazley dans cette approche, utilisait le dessin afin de comparer les détails particuliers à chaque artiste. Aujourd’hui encore, bien qu’il existe d’autres méthodes (la photographie par exemple), les chercheurs se servent du dessin pour leurs attributions.

 

2.1. Bien regarder pour mieux attribuer

Afin d’attribuer une œuvre à un artiste – ou un atelier – il est primordial de savoir regarder les œuvres de près. Les chercheurs accordent une place importante au regard puisque c’est en regardant attentivement qu’il est possible de comprendre un élément ou de réaliser qu’un détail d’une œuvre ressemble à un détail d’une autre œuvre. Travailler ses yeux et sa manière de voir est donc indispensable pour attribuer.

 

2.2. Comparer pour mieux attribuer

Si travailler son regard est nécessaire pour savoir attribuer, la comparaison est aussi intrinsèque à l’attributionnisme. En effet, attribuer une œuvre n’est possible qu’en comparant un élément d’une œuvre avec un élément semblable sur une autre œuvre. Ainsi, plus les chercheurs ont une documentation visuelle importante, plus il leur est aisé de réaliser ce travail de comparaison dans un premier temps puis d’attribution dans un second temps.

3.1. L’attributionnisme: difficultés et limites

L’attributionnisme est un système qui s’est développé depuis le XIXe siècle et qui est encore aujourd’hui largement sollicité. S’il a fait ses preuves à de nombreuses reprises, force est de constater qu’il a des limites et ne peut être la réponse à toutes les questions que pose un objet. Cependant, sa contribution à l’étude iconographique n’est pas à négliger comme l’indiquent Luca Cerchiai et John Boardman.

3.2. L’attributionnisme : un système qui tend à disparaître

L’attributionnisme tel que l’a conçu John Beazley a longtemps été pratiqué. Martine Denoyelle, qui a pourtant utilisé la méthode beazleyienne, pose la question de son avenir et peut-être de sa disparition.

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