Le symbole (latin symbolum, du grec sumbolon, signe) est défini comme signe figuratif, être animé ou chose, qui représente un concept, qui en est l'image, l'attribut, l'emblème, mais aussi comme personne qui incarne de façon exemplaire une idée, un sentiment, etc. (d’après Larousse, 2019).
En observant l’origine étymologique et la définition du mot « symbole », nous constatons sa proximité avec le terme de « signe ». Afin d’établir une distinction entre les deux concepts nous pouvons nous référer à Carl Gustav Jung, selon qui, à la différence du signe qui est « toujours moins que le concept qu'il représente », le symbole « renvoie toujours à un contenu plus vaste, son sens [est] immédiat et évident ». (L'homme et ses symboles, Paris, Robert Laffont, 1964, p. 55)
D’une part les citations des historiens mettent en évidence que le symbole, en tant qu’attribut, qu'emblème d'un personnage par exemple, est une composante de l’iconographie. Il constitue un code de représentation et un code de lecture qui permettent de comprendre l’iconographie. D’autre part nous remarquons que les chercheurs appréhendent le symbole comme un aspect d’une méthodologie d’étude, tandis que le public peut porter une représentation, une œuvre, au rang de symbole national.
Donna Kurtz
Deux citations (voir ci-dessous) de John Boardman mettent en évidence que la représentation peut être réduite à quelques symboles qui permettent de figurer simplement et d’identifier rapidement la représentation. John North semble du même avis puisqu’il indique que, sur un vase par exemple, l’attribut des ailes permet d’associer la représentation à une divinité ou à un personnage lui-même symbolique, comme une allégorie par exemple.
John Boardman December 2002
« When I draw a Black-Figure figure, it isn’t really like any human figure that anybody has ever seen turned into two-dimensions, but it’s a symbol which everybody can recognize. » 3.1.6.
« When you’re are turning things into two dimensions, you’re removing reality […] You’re only putting in things which are going to help the story: the tree is important, the column is important, the water is there for a purpose. It has nothing to do with reality. Those are symbols of things. » 3.1.6.
John North
« [...] a winged figure would naturally be interpreted as some kind of symbolic or divine figure [...] » 5.2.
Simon Price détaille la notion de symbole en mettant en avant la place du symbole, comme code iconographique, dans la lecture de l’image. Luca Cerchiai, quant à lui, parle des symboles et de leurs relations comme système de lecture et clé compréhension de l’image.
Simon Price
« Individual Greek or Roman deities, generally speaking, are identified with one single object or symbols so you know which one it is you’re looking at, and that’s a very simple, straightforward iconographic code. » 4.4.
« Mi sembra interessante richiamare l’analisi sui sistemi simbolici elaborata da D. Sperber, secondo la quale un sistema è percepito e consumato nel suo insieme. Quando facciamo riferimento a un’immagine, non operiamo immediatamente una descrizione sistematica di tutte le relazioni significative che possono attuarsi a partire da essa, ma le teniamo implicitamente presenti perché rientrano nel nostro bagaglio culturale. » 3.1.3.
François Lissarrague explique les différentes approches définies par les historiens de l’Art allemands du 19e siècle, qui associaient l’étude de la symbolique et de l'esthétisque au travail des philosophes et la philologie à celui des archéologues.
On observe toutefois que ces approches ont évolué : aujourd'hui un historien et archéologue comme Paul Cartledge étudie symbolique et esthétique, et privilégie la première à la seconde. Par ses citations (voir ci-dessous), il met en évidence que, dans le cadre d’une approche contextuelle ou sociologique de l’Histoire de l’Art, de l’image en tant que telle, la symbolique prime sur l’esthétique de l’image, sur son analyse stylistique.
François Lissarrague
« Les Allemands ont décidé - au début du XIXe S. - qu'il y avait deux manières d'interroger la mythologie : ils ont séparé la philosophie et les études sur le symbolisme d'une science de l'Antiquité, qui se construit alors en [archéologie]. Il y a les philosophes qui font de l'esthétique et du symbolisme et puis il y a les archéologues qui font de la philologie, y compris de la philologie des images. » 4.1.
Paul Cartledge
« […] I started off more as a material culture archaeologist rather than as an historian, so the images, as images, are secondary to their symbolic meaning. I am not an historian of aesthetic, the interest is secondary in that sense. » 1.1.3.
« it’s a form of contextual, sociological art history, privileging the content and the symbolic and material reception in its time: why was it painted?, for whom was it painted?, what sort of social statement was the owner or the commissioner trying to make? But that’s a very particular sort of iconographic reading in terms of social history, not primarily aesthetic. » 4.2.
Si nous avons pu observer que la symbolique d’une image est un objet d’étude en tant que tel, Paolo Moreno soulève un autre aspect du symbole. L’image, l’œuvre, par sa représentation symbolique, peut incarner les idées du spectateur. Ainsi la « Victoire » allégorique mentionnée dans l’hymne national italien fait référence à une œuvre en particulier, la Victoire de Brescia, qui à l’aune de l’unification italienne, devient symbole d’un combat.
De façon similaire, en France, la Victoire de Samothrace fut l’une des premières œuvres rapatriées au Louvre une fois la Seconde Guerre mondiale terminée, car cette représentation, identifiable par ses attributs comme étant une Victoire, devient à ce moment le symbole d’une victoire militaire et d’un sentiment national.
Paolo Moreno
« ...quel verso “Dov'è la Vittoria” che c'è nel nostro inno nazionale, “Dov'è la Vittoria, le porga la chioma che schiava di Roma Iddio la creò”. Questo nacque da questa “Vittoria” [...]. Ed era un' “Afroditi” in realtà trasformata in “Vittoria”. E quella ebbe per esempio un esito politico nel Risorgimento italiano, fu un simbolo. A Brescia poi si combatté duramente nel 1848 contro gli austriaci, ci fu un'insurrezione violentissima che fu animata evidentemente anche da questo simbolo della “Vittoria” che era la vittoria romana [...] » 3.4.2.